Olivier de Kersauson 2006
   
Les brèves de 2006 (page 1 sur 2)
 


07/01/06
 
Olivier de Kersauson  
Ocean Alchimist vient de rallier Tahiti, avec Yves Pouillaude aux commandes, après un convoyage en deux étapes via Panama, d'une durée totale de 17 jours.
Le trimaran à moteur sera mis à disposition du réalisateur - producteur Jacques Dorfman pour le tournage d'un film sur l'histoire de Tavae, le pêcheur miraculé.
Ensuite il rejoindra Geronimo à San Diego pour assurer son assistance technique et logistique lors des prochaines tentatives de record.
Olivier de Kersauson semble en pleine forme, le soleil de la Polynésie lui va bien.

11/01/06
 
News from San-Diego : " Laurence " une lectrice archarnée et résolue m'a fait parvenir une message qu'elle a reçu de San-Diego : " The boat is actually at Driscoll Shelter Island.  She is still there and they are not sure when she will leave. "

14/02/06
 
Interview d'Olivier de Kersauson sur Le Télégramme : « Geronimo » va repartir en campagne

Depuis que "Geronimo" a quitté son port d'attache de Brest, l'équipage n'a pas chômé, avalant l'équivalent de deux tours du monde en 2005 avec quelques temps de référence dans la poche, le Tour de l'Australie notamment. Avant le retour dans la cité du Ponant en novembre 2006, Kersauson et ses équipiers vont entamer une autre campagne de records qui les mènera du côté de San Francisco, Yokohama, Hong-Kong, Los Angeles, Tahiti.

Combien de miles a effectué "Geronimo" depuis son départ de Brest en décembre 2004 ?
Olivier de Kersauson : "Oh là ! Je ne sais pas exactement mais en disant plus de 40.000 miles, on ne doit pas être loin de la vérité. Il y a eu le convoyage jusqu'au Qatar, puis le Tour de l'Australie, ensuite ce fut Sydney - Tahiti, puis Tahiti - San Diego. Après la Transpacifique, nous sommes retournés à San Diego où "Geronimo" se trouve actuellement. D'ailleurs, dans quatre semaines, nous repartons là-bas avant de monter à San Francisco".

Quel sera votre programme pour cette année 2006 ?
O.D.K. : "San Francisco - Yokohama (record Transpacifique Est-Ouest); Yokohama - Hong Kong (record); Singapour - Yokohama (convoyage); Yokohama - San Francisco (record Transpacifique Ouest-Est); San Francisco - Los Angeles (record) et peut-être Los Angeles - Tahiti. Ce sont presque tous des temps déjà établis, mais nous sommes très excités à l'idée d'aller naviguer dans des endroits qu'on ne connaît pas. Ça nous amuse beaucoup. De plus, ça reste dans l'esprit de notre programme".

Pour cette nouvelle campagne, comptez-vous apporter des modifications au trimaran ?
O.D.K. : "On va terminer cette campagne dans la configuration actuelle : il n'y aura pas d'évolution technique. L'ensemble du bateau continue de progresser, notamment sur les coupes des voiles, sur le travail avec le mât basculant, etc. Donc, on peut encore progresser dans cette configuration-là".

Comme lors du Tour de l'Australie, embarquerez-vous des marins étrangers ?
O.D.K. : "Lary Rosenfeld sera avec nous en tant que navigateur entre San Francisco et Tokyo. A bord, il y aura également d'autres marins américains qui ont déjà tourné sur des maxi-multicoques autour du monde".

En France, ces parcours-là n'ont pas l'aura d'un record de l'Atlantique par exemple : comptez-vous vous attaquer au temps de référence (4 jours, 17 h 28' 6'') réalisé par l'équipage de Fosset ?
O.D.K. : "C'est un record très spécifique. Je n'ai pas très envie de rester à New York pendant des lustres à attendre LA bonne fenêtre. Car aujourd'hui, pour battre ce record, il faut absolument attrapper LE bon système météo qui t'emmènera de l'autre côté. Ce stand-by et cette longue attente ne m'enchantent guère".

Reste LE record autour du monde en équipage, le Trophée Jules Verne ?
O.D.K. : "Là, on veut d'abord pousser Geronimo au maximum de son potentiel pour décider après vers quoi on s'oriente sur les modifications éventuelles à apporter. On a encore onze mois pour le faire. Après, soit on modifie Geronimo, soit on réfléchit à un bateau plus grand".

Philippe Eliès

15/02/06
 
Championnat du monde des records océaniques : Course au Large lance un nouveau challenge sous forme de classement annuel, établi à partir d'une sélection de 20 parcours - tous homologués par le WSSRC - qui attribueront des points, calculés selon un barème de coefficients précis (de 1 à 10 selon le niveau de difficulté du parcours). Le but étant de récompenser l'équipage et le solitaire ayant marqué le plus grand nombre de points sur le front des grands records au cours de l'année, différents trophées seront décernés à chaque fin de saison, récompensant skippers, équipiers, architectes et sponsors.
Le classement permanent prendra en compte les 10 meilleures performances réalisées sur chaque parcours, ceci de manière intemporelle. Chaque tentative sera valorisée en fonction du chrono réalisé, que le record ait été battu ou non : 10 points attribués en cas de record battu, 9 points pour le deuxième meilleur temps, 8 pour le troisième... etc.
Les vingt parcours retenus et leur coefficient sont : Tour du monde 10 - Tour du monde à l'envers 10 - Atlantique Nord 6 - Route de l'Or 6 - Route du Thé 6 - Route de la Découverte 5 - Pacifique Nord 5 - Tour de l'Australie 5 - record des 24 heures 4 - Tour des îles Britanniques 4 - Miami-New York 3 - Record de la Méditerranée 2 - Océan Indien 2 - Pacifique Sud 2 - Transpac 2 - Sydney-Hobart 2 - Tour de l'île de Gotland 2 - Tour de l'île de Wight 1 - Record de la Manche 1 - Record SNSM 1.

Dans la catégorie " Equipage ", si ce challenge avait existé en 2005, Olivier de Kersauson aurait marqué 50 points pour le Tour de l'Australie et 20 points pour le Transpac, soit un total de 70 points.
Bruno Peyron aurait lui marqué 20 points pour l'Océan Indien, 20 point pour le Pacifique sud et 100 points pour le Tour du monde soit un total de 140 points.

Olivier de Kersauson est l'actuel détenteurs de deux des vingt records retenus, Bruno Peyron en compte 6 et Steve Fossett en compte 4.

Toutes les informations sur : http://www.records-oceaniques.com/

16/02/06
 
Révision générale : Dans le courant du mois, Geronimo entrera en chantier à San Diego, pour sa maintenance annuelle. Depuis le printemps 2005, le bateau a effectué le tour de l'Australie, une traversée du Pacifique et un aller-retour sur Hawaï sans être mis au sec. Hormis la réparation et les modifications apportées en Polynésie sur le gréement basculant, Geronimo s'est montré particulièrement fiable, mais l'accastillage est arrivé au bout de ses usures. Six membres de l'équipe s'envoleront vers la Californie pour effectuer ces opérations. Au programme, la révision et le changement de pièces d'accastillage, la peinture et l'antifouling, la réception de nouvelles voiles et leurs essais. La mise à l'eau du trimaran devrait avoir lieu en mars et le stand by débutera à la fin du même mois.

17/02/06
 
Trophée Jules Verne en péril ? : En 2004, Steve Fossett avait bafoué le Trophée Jules Verne en ne respectant pas la règle et l'éthique. En 2005, c'est Bruno Peyron qui a écrasé l'épreuve en établissant un record exceptionnel (comment lui en vouloir ?). En cette année 2006, l'organisateur du championnat du monde des records océaniques a sans doute donné le coup de grâce en retenant les règles WSSRC comme seules valables pour le tour du monde comptant dans le classement annuel.
Le parcours du Trophée Jules Verne va de Ouessant à Ouessant en laissant les trois caps majeurs du sud par bâbord, et doit être accompli sans escale et en respectant certaines contraintes techniques.
Le tour du monde WSSRC lui, peut être réalisé à partir de n'importe quel point du globe sous condition de franchir l'Equateur dans les deux sens, que chaque méridien soit coupé et que la distance totale parcourue soit au moins égale à 21 600 miles. Si un départ est effectué dans l'hémisphère sud, une île de l'hémisphère nord doit être contournée. Les escales sont autorisées et il n'y a pas de contrainte technique.
Les prochains candidats au tour du monde auront certainement la (légitime) tentation d'éviter les contraintes de la descente et de la remontée de l'Atlantique Nord, de limiter les effets dévastateurs du Pot au Noir et surtout de démarrer non loin des mers du Sud afin d'évaluer très rapidement leur chance de succès sur une tentative. Il sera beaucoup plus rentable de remplacer les miles manquants parcourus à 10 noeuds dans l'Atlantique nord, par des miles parcourus à 25 noeuds dans le sud !!!
Si seulement je pouvais me tromper !!! ...

08/03/06
 
Le noble et la Royal, confidences de Laurent Gerra sur Olivier de Kersauson : " Je l'aime beaucoup parce que c'est un malfaisant intelligent et en général j'aime les gens qui sont libres, y compris de pensée. Un jour que j'écrivais un sketch, j'ai dit à Olivier: ' Qu'est-ce que je pourrais dire spontanément sur Ségolène Royal ? ', et il m'a répondu: ' c'est Jeanne d'Arc, version La Redoute "

27/03/06
 
Vues de San Diego : vol de nuit et frères ennemis ...


Geronimo
Geronimo

30/03/06
 
News du chantier : Geronimo sera bientôt prêt pour s'engager dans une nouvelle campagne dans le Pacifique. L'accastillage a été entièrement refait, les voiles renforcées et modifiées et la carène sablée avec une peinture sous-marine spéciale. Le trimaran va s'attaquer au record San-Francisco (Usa) - Yokohama (Japon) détenu depuis 1996 par Steeve Fossett en 19 jours 15 heures 18 minutes 09 secondes (distance de 4525 miles contre les vents dominants - moyenne 9.61 noeuds)

01/04/06
 
Course au large ... : Geronimo a quitté San Diego dans une grande précipitation en direction des eaux internationales, sous la menace d'une forte amende que l'état de Californie pourrait infliger au team Geronimo pour pollution maritime. Il lui est reproché le déchargement sauvage de détritus et déchets par dessus bord, en l'occurrence des centaines de mégots de cigarettes. La situation s'est dégradée, lorsque Olivier de Kersauson a propulsé du bout des doigts une cigarette embrasée sur l’officier des Gardes Côtes, qui était en train de donner un avertissement à l’équipage et à son capitaine.

« C'est la goutte qui fait déborder le vase » a dit le représentant de l’USGC. « Les Franchouillard peuvent fumer tout ce qu’ils veulent, c’est un pays de liberté, mais ils n’ont pas le droit de jeter leurs mégots dans l’eau que mes enfants boivent, ni dans celle où ils vont nager. Nous allons les frapper d’une amende de 100$ pour chaque mégot qui traîne dans un rayon de 100 yards à partir de cette vache grasse qu’est ce formule 1. La ville est en passe de décrocher le jack pot. Ouai laissez-les donc fumer ! »

Réalisant que l’amende totale pouvait bien excéder la valeur du bateau, l’équipage s’est échappé précipitamment de la marina de San Diego le premier avril au matin. Un communiqué de presse a annoncé qu'ils rejoignaient Francisco pour le départ de la tentative San Francisco - Yokohama, mais il semble qu'en fait le trimaran se dirigeait vers les eaux internationales pendant que leurs juristes tentaient de savoir si Hawaï et la Californie avaient des traités de réciprocités légales concernant les décharges sauvages de détritus et d’ordure dans la mer...

source : www.sail-world.com (poisson d'avril ou poison d'avril ???)

06/04/06
 
Fin de chantier : Geronimo été remis à l'eau lundi 3 avril après un chantier de deux semaines. Le trimaran devrait appareiller vendredi ou samedi pour San Francisco où Geronimo sera attendu dimanche afin de s'essayer à des runs de vitesse dans la baie. Equipage probable : Didier Ragot - Larry Rosenfeld (USA) - Jean Charles Corre - Lucas Zamecnik - Xavier Douin - Antoine Deru - Philippe Corre - Rodolphe Jacq - Pascal Jagut - Kazuhiro Nishimura (Japon) et ... Olivier de Kersauson.

07/04/06
 
Mondialisation : depuis le tour de l'Australie, Olivier de Kersauson a pris l'habitude de faire appel à des compétences internationales au sein de son équipage. Pour cette nouvelle tentative il a intégré le Japonais Kazuhiro Nishimura et l'Américain Larry Rosenfeld.
Pemières impressions : Kazuhiro Nishimura se déclare " très impressionné par Geronimo. Cela faisait longtemps que j'avais envie de découvrir ce type de bateau. Quand j'ai appris que Geronimo aller venir au Japon, je suis rentré en contact avec l'équipe et cela s'est fait très vite. Maintenant que je suis à San Diego, j'avoue que je suis un peu intimidé. Ce bateau dégage une impression de puissance et de vitesse et  je me demande vraiment comment cela va se passer. Mais je suis heureux de naviguer à son bord car c'est une expérience vraiment nouvelle. Je suis certain qu'avec Geronimo, si nous battons le record, les médias seront présents. Notre pays s'éveille peu à peu, le passage d'Ellen Mac Arthur a suscité de l'intérêt car ces bateaux sont vraiment inconnus dans nos régions.
Larry Rosenfeld lui, semble plus conscient des aléas que présente une traversée du Pacifique dans le sens Ouest - Est : " C’est un record difficile. Nous allons naviguer beaucoup contre les vents. Il nous faudra sûrement affronter quatre ou cinq fronts successifs sur les 4 800 miles du parcours. C’est comme prendre l’autoroute à contresens. Même si Geronimo est le multicoque le plus adapté pour cet exercice, le bateau peut souffrir beaucoup dans ces conditions. Les possibilités de route sont nombreuses et mes calculs nous donnent un temps de parcours allant de 10 à 16 jours selon les choix. C’est aussi pour cela que c’est un challenge excitant ! "

10/04/06
 
Geronimo
 
Les portes du pénitencier : Geronimo est arrivé à San Francisco. Il est amarré aux pontons de la Hyde Fishing Marina, à proximité de la célèbre Lombard Street ... (:-), en face du pénitencier d'Alcatraz.
Au menu des prochains jours : repos, préparatifs, avitaillement et stand by météo.

source : Lectronic Latitude


 
Geronimo
Olivier de Kersauson

11/04/06
 
Olivier de Kersauson
 
Ready to go : le départ de la tentative sur le parcours San Francisco - Yokohama sera donné mercredi 12 avril entre 6 h et 7 h du matin heure locale, à partir du Golden Gate Bridge (le record actuel est détenu par Steve Fossett en 19 jours 15 heures 18 minutes 09 secondes). L'Américain Matt Bryant, consultant chez North Sails à San Diego, sera le douzième homme d'équipage.
OdK : " C'est du sang neuf pour nous ... c'est bien d'avoir quelqu'un de local pour pouvoir assurer. En plus c'est sympa, ils ont souvent des connaissances météorologiques de leur pays. Dans la marine, dans le temps, quand les marins du roi montaient à Brest, ils avaient des pratiques locaux pour les passes, on appelait ça des pilotes. (...) Notre ami Japonais est d'une concentration et application extraordinaire, avec le petit carnet où il note tous les termes en Français. "
Kazuhiro Nishimura s'est présenté au garde à vous devant un Olivier de Kersauson surpris et amusé ...

12/04/06
Départ
 
 
Go ! : Geronimo a franchi la ligne de départ à 7h 40m 42s heure locale (14h 40m 42s GMT, 16h 40m 42s heure française) avec un vent de Sud Ouest de 5 à 10 nœuds.
L'Américain Matt Bryant n'a finalement pas embarqué en raison de problèmes familiaux. L'équipage est donc composé de 11 hommes : Olivier de Kersauson- Didier Ragot - Larry Rosenfeld (USA) - Jean Charles Corre - Lucas Zamecnik - Xavier Douin - Antoine Deru - Philippe Laot- Rodolphe Jacq - Pascal Jagut - Kazuhiro Nishimura (Japon).

Geronimo

13/04/06
 
Francis Joyon abandonne la solution Geronimo : « Nous avons laissé tomber car il était beaucoup trop cher. Alors, nous sommes partis sur le projet de construire un nouveau bateau »

13/04/06
Jour 1
 
 
Sortir du trou : « Le départ a été assez fatigant, c'était ingérable, à la limite heureusement qu'il n'y avait pas trop de vent parce que dans la mer qu'il y avait... On avait de la houle 4.5-5 mètres de face, à une période très courte, c'était impraticable. Déjà à 7 noeuds on tombait dans la lame, si on avait franchit ça avec de la vitesse, on aurait éclaté le bateau. On fait attention, on sait très bien que c'est un métier où il faut de la patience, il faut savoir faire le gros dos lorsque les situations sont hostiles et cravacher lorsque ça glisse. Mais c'était pas de la glisse. Là on est à 15-16 noeuds, on est au portant à 13 noeuds de vent dans un système mou et on devrait toucher du vent dans les 6 heures qui suivent. Faut descendre pour rejoindre des vents genre Alizés dans des latitudes basses, la route directe est impossible, on est à 25-30 degrés de la route. On est sorti du trou. On a fait la partie gluante du parcours. Là on commence à toucher des vents corrects. »
Distance parcourue : 294 miles nautiques à la moyenne de 14.62 noeuds.

15/04/06
Jour 3
 
Distance parcourue dans la 3ème journée : 475 miles nautiques à la moyenne de 19.80 noeuds.
Distance parcourue depuis le départ : 1282 mn à la moyenne de 17.80 noeuds.
Distance restant à parcourir par rapport à l'orthodromie (route directe) : 3909 mn.
Conditions de mer favorables, vitesse 22 à 25 noeuds sous gennaker, trinquette et grand voile haute.

17/04/06
Jour 5
 
 
Y'a de la glisse : "On a coupé la ligne à Hawaii parce qu'il y a un record aussi Hawaii-Yokohama (ndlr : record détenu par Fosset en 13j 20h 9m 22s) donc on en a profité pour couper la ligne vu que dans notre parcours San Francisco-Yokohama les systèmes météos nous envoyaient vers le sud, sinon y'avait pas de moyen de passer raisonnablement au nord. Là ça chauffe un peu, ça fatigue, on s'est tiré dessus depuis deux ou trois jours, vu les mauvaises conditions qu'on avait au départ fallait faire chauffer la machine dans le reste du temps. Y'a un peu de fatigue, je sens que la journée de demain on va lever le pied pour que les gars récupèrent un peu. Tout ce qui est pris est pris. La deuxième partie du parcours qu'est compliquée quand même parce que on est obligé de faire une route relativement sud, y'a pas de vent dans notre nord, y'a des anticyclones qui se mettent à pousser partout. (...) Pour ce qui est de la suite on est assez optimistes, là on a de l'air, on a un alizé qui est bien fourni, ça oscille entre 26 et 35 noeuds, y'a de la mer formée, y'a de la glisse, on devrait réussir aujourd'hui à faire un beau parcours, à prendre du mile sur le parcours."

Distance parcourue : 468 miles nautiques à la moyenne de 19.50 noueds.
Distance parcourue depuis San-Francisco : 2 217 miles à la moyenne de 18,48 noeuds


Parcours San Francisco - Honolulu : distance : 2078 miles nautiques.
Temps établi le 17 avril 2006 par Geronimo de 4 j 19h  6 m et 58 s, moyenne : 18,05 noeuds.

18/04/06
Jour 6
 
 
Indécent : " C'est l'été chaud lumineux foudroyant, mer bleu tendre, vagues bien rangées, petits nuages d'alizé dans le ciel. Temperature air 24°C - mer 25°C - vent 20 à 25 noeuds - un peu trop Est.
La route n'est pas trop directe. Monotonie douce des quarts troublée par quelques surfs. Changement rapide d'une latte cassée. Un peu de travail sur le secteur de barre et le temps qui passe delicieux à glisser aérien dans ce monde parfait.
INDECENT !!!! Oui ! et alors ?.
"

Distance parcourue : 497,78 miles nautiques à la moyenne de 20,74 noeuds.
Distance parcourue depuis le départ par rapport à l'orthodromie (route directe) : 2715 mn à la moyenne de 18.86 noeuds sur un total de 4700 mn.


   
Geronimo


19/04/06
Jour 7
 
 
Fragile mais intéressant : "Ben ça marche pas mal mais c'est une route très longue quoi parce que en cette saison on peut pas faire de route directe sur Yokohama. Le système d'ouest établi est dur, on est obligé de descendre assez sud pour chercher du portant et on trouve du portant dans l'axe donc on est obligé de tirer des bords. On fait des journée de plus de 500 miles mais en fin de journée il en reste 380 sur la bonne route quoi mais enfin tout cela n'est pas grave, ça marche bien oui, il y a une bonne glisse. Le bateau et l'équipage sont en bonne forme. (...) On a quand même l'angoisse de voir autour de nous dans le nord et dans l'ouest des signes de calme apparaître. J'ai très peur que sur les derniers 1200 à 1300 miles pour rejoindre Yokohama on ait vraiment des conditions hasardeuses au sens le plus profond du terme. (...) Tout ça est un peu fragile mais intéressant et très actif. (...) On sent que ça bouge, on devrait réussir à se placer pas trop mal."

20/04/06
Jour 8
 
 
Etats d'âme : " Tirer des bords inlassablement  dans un alizé pas très nerveux  alors que se précisent dans le nord et l’ouest de Geronimo, les zones  immenses de calmes. Mais ici tout est immense, cet océan qui n'en finit pas.
A force de naviguer  de Sydney à Tahiti, de Tahiti à San Diego de Los Angeles à Honolulu puis de San Francisco à Tokyo en passant par Hawaii, il est difficile de ne pas se rendre vraiment compte que  la terre c’est 2/3 d’océan. J’ai pris pour habitude en naviguant de repérer vers où il serait possible de faire route en cas d’avarie grave ou de blessé grave.
Ici la plupart du temps, compte tenu des vents, il y a rarement un point d’escale décent à moins de 5 000 KILOMETRES. Imaginez vous  en avarie à la sortie de Brest avec votre première escale possible à ... New York.
"
Distance parcourue : 462 miles nautiques à la moyenne de 19,25 noeuds.

21/04/06
Jour 9
 
 
Hippon Nikuzo !!! (nous allons au Japon) : " Mais la route est longue, très longue : le vent faiblit, l’alizé s'affaisse. Longue panne vers le sud pour retrouver de l’air : inutile ! 15/17 noeuds, rafales à 18, pas très excitant sous le soleil : l’air est léger, trop ! Geronimo étincelant tire son épingle du jeu mais limite - limite. J’ai peur que cette nuit ça kalmasse car l’air s’essouffle - arrive par bouffées. Les prévisions météo pour la zone que nous devons traverser sont très démoralisantes : pétole partout, aucun passage possible, mais comme cela change toutes les douze heures, nous décidons que le pire n’est jamais sûr. Enfin presque !!! "

21/04/06
Jour 9
 
 
La mouche et le pot de confiture : " Il ne faut absolument pas regarder les prévisions météo sur le parcours qui nous reste à faire pour Yokohama Les Dunes. Sinon tu t’installes, te maries sur place et apprend toi même le japonais à tes enfants. Tu as tout ton temps, c’est le dernier rendez-vous de tout ce qu’il ne faut pas avoir sur un parcours de record. Larry et moi sommes perplexes ! J’ai pourtant vu pas mal de saloperies, mais là, les derniers 1 700 milles, c’est un cauchemar intégral : vents de moins de 8 noeuds dans l’axe de la route au portant, suivis de 700 miles de calmes blancs, suivis de 500 milles de près serré vent dans l’axe de la route à 9/12 noeuds. Et si la simulation est bonne : 45 noeuds pour les dernières heures de navigation côtière avec risque de brouillard dense : nous n’osons pas y croire !
Pour l’instant nous tirons des pannes dans la pétole avec aucun bord favorable, ce qui doit nous faire 8 noeuds sur la route directe !!!

Le seul avantage de cette situation c’est que le risque d’erreur des sources n'est pas à priori négligeable et c’est là-dessus que se fonde le peu d’espoir qui nous reste. C’est bien maigrichon. Je ne cache pas que l’on fait un peu la gueule d’autant plus que approchant de Yokohama, tout cela n’est plus contournable.

Enfin si tu vois une mouche se débattre engluée dans un pot de confiture regarde la avec tendresse, libère la délicatement avec une cuillère pense à nous, c’est à cela que l'on va ressembler vu du ciel.
"

22/04/06
Jour 10
 
 
Gueule de bois : " C’est facile de parler des tempêtes, des montagnes d’eau blanches d’écume, de la violence incroyable des chocs de la mer sur la structure du navire qui a l’air d’un lutteur accablé par les coups du vent qui hurle dans le gréement de ces vagues sorties de nulle part qui grondent, éclatent, submergent et parfois blessent navires et équipages, de ces heures passées la peur au ventre cramponné à la barre stupéfait par la violence déchaînée.

Cette sensation d’être un boxeur les mains attachées qui prend des coups et n’en peut donner et dont la survie ne dépend que de sa qualité d’esquive et de la lassitude de l’adversaire. Je connais ces combats qui épuisent l’âme et le corps et dont on ne sort jamais vainqueur mais seulement vivant, si dieu veut.

Mais parler des calmes ! Comment expliquer la cruauté de ces instants limpides où la mer n’est que douceur ; surface lisse et bleutée sur laquelle se reflète a peine déformée la silhouette superbe de Geronimo. Le silence absolu qui nous entoure les nuages immobiles dans ce tableau d’été parfait ; et la nuit quand les étoiles allument le miroir de la mer comme autant de bougies avant que le lever de lune ne projette les ombres légères du gréement sur l’océan : rien ne bouge tout luit et ce silence encore pas le moindre frémissement de l’eau à l’étrave.

Ce silence, c’est le coeur de Geronimo qui s’arrête de battre, des secondes, des minutes, des heures, des journées parfois.

Je connais bien cet horrible silence : le bateau est dans le coma, les secondes sont longues et les heures courent à toute allure perdue.

C’est le silence des bateaux que le vent abandonne ; des quarts entiers passés à guetter un souffle qui ne vient pas. Plus rien n'a de sens : impuissance totale. Stoïques nous regardons la moyenne qui s’écroule, le temps qui se précipite et le vent qui ne reviens toujours pas.

Sensation collective de migraine et de gueule de bois dans la nuit immobile.
"

23/04/06
Jour 11
 
 
Char à boeufs : " Nuit molle et fraîche dans la pétole glauque, version promenade en char à boeuf.
Pas une étoile, les feux de navigations étouffent sous la boucaille.
Rafales à 10 noeuds cap a l’Ouest et déjà près d’un noeud de courant dans le nez.
Progression besogneuse dans l’air gorgé de flotte.
Geronimo se traîne, le quart s’emmerde.

Bref, l’impression de marcher dans la boue.
"

24/04/06
Jour 12
 
 
On est bloqués : " Là on est à 4-5 noeuds avec 4 ou 5 noeuds de vent dans une mer un peu encore agitée, par quoi, on se demande. Oui c'est assez lourd quoi. Les systèmes étaient incontournables.
Il n'y avait aucun moyen réel de passer par le nord parce que dans le nord y'a un courant très fort plus des vents vraiment contraires forts et par le sud c'est la pétole sur 700 miles.
Il n'y avait pas de tactique possible. On est à 1000 miles de la marque.
Là on subit.
On a eu longtemps des prospects en faisant défiler les systèmes météo, qui nous donnaient l'espérance de passer pas vite mais honorablement. Là on est très en dessous de l'honorabilité. On est bloqués depuis un paquet d'heures et j'ai l'impression que ça va durer.
"

25/04/06
Jour 13
 
 
Pigeon noir aux pieds palmés ... : " Presque beau : plus de gris bleu que de gris anthracite. Vent presque exactement dans l’axe de la route et près de 1.5 noeuds de courant sur le nez.
Geronimo tire ses bords au gré des sautes de vent faibles.
Hélas un oiseau gros comme un pigeon, noir comme un corbeau avec des pattes blanches palmées, s’est installé dans le cockpit de manoeuvre bien a l‘abri du vent : de son long bec gris et légèrement courbe il picore la drisse de grand voile. Pas blessé a priori.
J’aime bien ces visiteurs qui arrivent ; s’installent et repartent la plupart du temps au bout de quelques heures, parfois après plusieurs jours. D’après Kazu, c’est un jeune katsuo dori. Je ne vous ferais pas l’injure de traduire !
"

Le journal l'Equipe annonce l'arrivée de Geronimo à Yokohama pour jeudi en fin de journée.

26/04/06
Jour 14
 
 
Zen : " Petit miracle local : recette rare avec aujourd’hui vent debout et mer quand même dans l’axe de la route. Obligé de lever les pieds pour ne pas tout casser. Magnifique !
Fort courant pas favorable ; par contre ciel bleu, peu de brumes et beaucoup d’oiseaux. Ca compense pas, mais ça fait plaisir.
Il n'y a pas de vents favorables pour ceux qui ne savent pas où ils vont.
(ndlr : citation de Sénèque)
Confucius : Le chemin est souvent long pour celui qui le prend Li Fong.
Pour l’imprudent qui se rend à Yokohama il n y a pas de vents favorables et le chemin est si long si long que lorsque l’imprudent arrivé, il a oublié pourquoi il était parti. Mitsuhirato.
"


L'arrivée de Geronimo est toujours prévue pour jeudi après-midi, heure Française.
Allez une petite dernière pour la route : " La conscience d’avoir bien agi est une récompense en soi. " - Sénèque

26/04/06
Jour 14
 
 
Plus du tout zen : " La mer saute dans tous les sens, abrupte parfois ; vent impuissant à ranger tout cela ; faisons du sur place dans une marmite. Journée de mer stupide, harassante pour les nerfs.
Les lattes de grand voile claquent dans la pétole avec des à-coups à déchirer le gennaker qui a bien du mal à porter et le temps passe…
"

Geronimo se trouve à moins de 300 miles de l'arrivée.

27/04/06
Arrivée
 
 
On a envie de bacher : " On a envi de finir, de bâcher cette épreuve qui a été très intéressante, amusante, maritimement parlant sur ses trois quarts et dont la fin est intéressante maritimement parlant parce que ce sont des conditions de météo que moi je n'avais jamais vu de ma vie mais qui sont dures à vivre parce que ce sont des conditions versatiles et très exigeantes. (...)
L'arrivée des côtes va être encombrée, on va se retrouver un peu place de la Concorde.
On a pas de frein, souhaitez nous que ça se passe bien dans le trafic...
"


Après les 4.482 milles de traversée, Olivier de Kersauson ne fera qu'une brève escale à Yokohama, en route pour Hong Kong, où il a été invité par le Yacht Club local, un des plus prestigieux du monde. Mais il devrait être de retour au Japon vers le 22 mai pour tenter de battre le record inverse, la traversée du Pacifique d'ouest en est, établi par Bruno Peyron avec Explorer en août 1998 (14 j 17 h 22 min 50 sec).



27/04/06
Arrivée
 
 
Mission accomplie pour Geronimo qui s'approprie le nouveau temps de référence sur le parcours San Francisco - Yokohama en 14 jours 22 heures 40 minutes et 41 secondes.
Les 4482 miles (route directe) ont été parcourus à la moyenne de 12.50 noeuds.
En réalité les 11 hommes ont enregistré 6300 miles au compteur, soit une moyenne de 17.56 noeuds.
Le record de Steve Fossett est amélioré de 4 jours et 16 heures 27 minutes et 28 secondes.

Interview d'Olivier de Kersauson sur France Info : " Là c'est du bonheur, on est bien content. Après, ça a été facile. Avant, il faut le faire. "

Ils ont également battu le record de la traversée Honolulu (Hawaï) - Yokohama, (3750 milles) qui appartenait aussi à Steve Fossett avec Lakota en 13 jours, 20 heures, 9 minutes et 22 secondes depuis août 1995.

27/04/06
Arrivée
 
Geronimo

27/04/06
Arrivée
 
Message de Bruno Peyron : " Le record d'Olivier, c'est une bonne chose. Le Pacifique, ce n'est pas toujours facile, il y des calmes pas évidents. Il bat celui de Fossett, ensuite il va repartir dans l'autre sens et il battra le nôtre. C'est excellent pour le Championnat du monde des records qui vient d'être mis en place. "

27/04/06
Arrivée
 
Message de Steve Fossett :" Cher Olivier, Alors que vous venez de franchir la ligne d'arrivée à Yokohama, j'éprouve des sentiments partagés alors que nous venons de perdre notre record sur le Pacifique Nord d'Est en Ouest établi il y a 10 ans. Je dois avouer aussi un peu de jalousie, mais d'un autre côté vous nous avez honoré en reconnaissant notre record et en cherchant à le battre.
Je vous prie d'accepter mes chaleureuses félicitations ainsi que celle de mon équipe d'alors. Votre équipage et vous avez bien navigué et établi un beau record.
"

28/04/06
 
Message du Président de la République :
" Cher Olivier, A bord de votre trimaran Geronimo, vous venez de battre le record de la traversée du pacifique à la voile d’est en ouest, en équipage, en 14 jours, 22 heures, 40 minutes et je suis heureux de vous adresser, au nom de tous les français, mes plus vives et plus chaleureuses félicitations pour ce magnifique exploit.
L’expérience que vous avez acquise tout au long de vos nombreuses courses, votre capacité à affronter des conditions météorologiques extrêmement difficiles, votre talent de skipper unanimement reconnu, vous ont permis de conduire votre équipage à la victoire. Vous avez ainsi pulvérisé de plus de 4 jours le temps établi par Steve Fossett.
Avec panache, vous ajoutez à votre palmarès exceptionnel ce formidable succès et contribuez pour notre plus grande joie à mettre, une nouvelle fois, la voile française à l’honneur. Nous partageons avec bonheur votre réussite collective.
En vous renouvelant mes plus admiratifs compliments, je vous prie de bien vouloir accepter, Cher Olivier de Kersauson, l’expression de mes cordiales amitiés et de ma grande estime.
"
Jacques CHIRAC

28/04/06
 
Geronimo

29/04/06
 
Message du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la vie Associative : " Cher Olivier, Je tenais à vous adresser, à vous et à votre équipage, mes sincères et chaleureuses félicitations pour ce nouveau record de la traversée du Pacifique nord d’Est en Ouest, en 14 jours, 22 heures, 40 minutes et 41 secondes. Un exploit de plus puisque avec Geronimo vous venez de battre de plus de 4 jours la précédente marque de référence. Bravo pour cette belle performance ! " - Jean-François LAMOUR