Olivier de Kersauson 2005
 
Les brèves de 2005 (page 2 sur 3)
 


18/02/05

Geronimo
Avarie qualifiée de sérieuse pour Geronimo : Alors qu'il tenait la tête de la course, l'équipage a constaté au petit matin que le bras de liaison tribord avant du trimaran était fendu. La sécurité a toujours été l'objectif n° 1 à bord de Geronimo aussi Olivier de Kersauson a déclaré qu'il était inconcevable d'aborder les mers du Sud en l'état actuel du multicoque. Olivier est en train d'évaluer les possibilités de réparation en mer et sans assistance. Cette réparation qui nécessite une mer calme et une atmosphère sèche sera de toutes manières longue et complexe. Une pensée affectueuse pour les douze hommes dont on imagine la détresse :-(

18/02/05

Paroles de terrienne : " Je suis triste de lire les dernières nouvelles. Rassurez nous rapidement sur la suite en esperant une réparation. C'est super triste de savoir Geronimo en souffrance je souhaite que le bateau et les hommes puissent continuer la course dans de bonnes conditions de sécurite. Bonne chance à tous peut etre demain aurons nous une bonne nouvelle. " - Joelle

18/02/05

Paroles de terrienne : " Triste on l’est forcément. Laissons donc au capitaine le choix de prendre la bonne décision,  pour le bateau, pour les hommes. S’ils continuent, ils ne partent pas dans les Caraïbes ; s’ils continuent c’est pour gagner aussi. Le bateau devra être sûr dans des mers ingrates et dangereuses. C’est le vrai défi du moment, les gars sont compétents, de l’énergie et de la volonté, ils en ont beaucoup. Alors rien est dit. Laissons au Capitaine et aux techniciens le temps de l’analyse, laissons au Capitaine le temps de décision, car seule la raison  compte. Si c’est possible, ça serait beau des les voir réparer et repartir.  Mais il faut que les marins et le bateau reviennent au port. Je suis avec vous tous, hommes de Geronimo comme des milliers de fans. J’attends votre décision Capitaine.
Et bien la décision est tombée juste à l’instant. Je pense bien à vous pour que tout se passe le mieux possible jusqu’en Australie. Pensées consolatrices. " - Carcadey


18/02/05

Paroles de terrien : " Ah la poisse !! Je viens d'apprendre la nouvelle et je suis desolé pour vous les gars !!!! Vous m'enmeniez tous les jours au bout du monde et me revoila a terre comme un couillon !!! Je vous souhaite bonne chance et surtout bon courage revenez entiers surtout .. pour repartir plus vite et plus fort !!! Sinceres pensées d'un gars deçu pour vous. " - Gilles

18/02/05

Olivier de Kersauson
Paroles de marin : " Aller courrir autour du monde, c'est accepter de sacrifier plein de choses. Quand un bateau va mal, c'est quelque chose de grave pour les gens qui naviguent…
Vous savez, un bateau qui va mal, c'est des rêves qui meurent, et c'est ça qui est grave en fait.
" - OdK le 4 mars 2004

18/02/05

Geronimo
Cap sur l'Australie : " Ce qui s'est passé on sait pas, ce qu'on pense après analyse du bras et de l'impact, c'est que dans la mer on heurté quelque à un moment donné où on engageait jusqu'au bras. L'amorce de rupture, qui fait 20 à 30 cm à peu près est vraiment cassée. Les deux peaux sont rompues et les dégradations qu'ils y a autour ressemblent à un impact violent. C'est pas un effort de torsion ni de flexion. C'est une amorce de délaminage très forte qui interdit de naviguer babord amure donc appuyé sur tribord. On peut pas naviguer avec le bateau tel qu'il est là. C'est à la courbure du bras de liaison et du flotteur. C'est une partie qui est assez basse dans l'eau et qui est souvent, dans certaines conditions de mer rude, presque submergée. Le bras n'est pas accessible de l'intérieur. On est au portant, on descend dans le sud, pour récupérer des vents de sud qui vont essayer de nous ramener sur l'Australie. Il faut que ce flotteur là ne soit pas en appui, ... c'est quand même délicat pour être précis. On a pas les moyens (de réparer) il faudrait une pompe à vide, il faudrait du matériel qu'on a pas à bord. Sur un impact plus petit je pense qu'on aurait pu le faire. Dans quelques heures on sera par 40 sud, le mauvais temps arrive et on a pas les moyens de travailler, il n'est pas question d'aller dans le sud avec un bateau qui n'est pas en très bon état. ... Les dégâts sont trop importants, c'est sur une partie structurelle beaucoup trop fragile. Cette partie là demande un vrai découpage, une pompe à vide ... c'est une des pièces maîtresses du bateau. Les bras sont structurels, la structure a été détruite par un impact très violent. Il suffit d'une planche de bois dans de l'eau à 25 noeuds, 27 noeuds, l'impact est effrayant. Non là il n'est pas question, c'est impossible de réparer par les moyens du bord de façon cohérente. Le bateau ne permet pas tel qu'il est aujourd'hui d'aller dans le sud avec voilà. Ça va être un pilotage pas simple, on va bien réussir à se débrouiller. " - Odk
 
carte Oryx Cup

19/02/05

Orange engrange : Bruno Peyron vient de passer l'Antiméridien en 25 jours 21 heures et 33 minutes depuis Ouessant, nouveau temps de référence sur ce parcours. A titre de rappel, Orange I avait mis 34 j 9 h 20 m en 2001 ! Orange II compte maintenant 4 jours d'avance sur le record absolu et affiche la moyenne incroyable de 23.2 noeuds depuis le départ !!!
Au passage, Peyron a également signé le 1er temps de référence sur la distance Cap Agulhas (20°Est, pointe la plus Sud de l’Afrique) – pointe Sud de la Tasmanie en 9 jours 11 heures 03 minutes. Ce tronçon qui correspond à la traversée de l'Océan Indien a été entériné par la WSSRC il y a peu de temps.

19/02/05

Geronimo KO mais pas OUT : d'après le règlement de l'Oryx, Geronimo est toujours en course.
1/ Un bateau peut suspendre sa course seulement dans un cas d’urgence pour réparer, modifier ou recevoir du matériel, ou bien pour être pris en remorque ou utiliser son propre système mécanique de propulsion.
2/ Un bateau qui s’est arrêté ne peut reprendre sa course qu’après 24 heures d’arrêt au minimum.
3/ Le bateau ne peut reprendre sa course qu’à partir d’une position située à même distance - ou plus loin - de la prochaine marque du parcours, en comparaison avec la position à laquelle il a bénéficié d’une assistance extérieure ou bien utilisé son moteur à propulsion.
4/ Dès que possible, le skipper doit faire un rapport complet au Jury International, à la fois avant l’interruption de la course et après.

Olivier de Kersauson n'a pas fait part de ses intentions.

19/02/05

Geronimo
Message de Capgemini et Schneider Electric : " Capgemini et Schneider Electric savent que dans toute compétition, il faut faire face à des épreuves que l'on peut percevoir comme "injustes". C'est dans ces situations que la valeur et le discernement des hommes ont toutes leur importance pour prendre les bonnes décisions. Tous sont certains du courage et de l'engagement d'Olivier de Kerrsauson, lui seul décidera s'il peut continuer la course tout en préservant la plus grande richesse de ce programme : les marins de Capgemini et de Schneider Electric. "

20/02/05

Ellen
La belle Lady : Marc-Olivier Fogiel a invité la nouvelle star sur France 3. Superbe Ellen touchante de simplicité, d'authenticité et d'émotions. Elle aime le public Français qui le lui rend bien. De beaux moments de bonheur qui n'étaient pas forcément partagés sur le plateau puisque un humoriste a cru malin de déclarer que " la meuf avait ramé autour du monde " (!!!) Si le respect est un droit il n'en reste pas moins un devoir. C'est trop facile d'accomoder tout cela à la sauce humour merdique surtout lorsque l'intéressée n'est plus présente. La "meuf" vous dit bien des choses Monsieur ES et vous étiez bien celui qui ramait le plus sur ce coup là ...

21/02/05

Liberation
Il est encore trop tôt pour parler d'abandon : " C'est alors qu'on commençait à entrer dans un combat passionnant avec Doha 2006, à qui nous venions de prendre plus de 100 milles en 30 heures, que nous avons découvert une grosse avarie sur le bras droit de liaison. Nous sortions d'une mer forte quand cette rupture de la peau de carbone nous est apparue, sur 30 cm. Nous avions encaissé un grand nombre de chocs dans cette descente au près de l'Indien mais, a priori, il s'agit d'un choc d'une terrible intensité. Une bille de bois ? Un arbre emporté par le tsunami ? Cette blessure est arrivée alors que nous étions très appuyés sur notre flotteur droit. On marchait vite, mais raisonnablement. On a fait immédiatement à notre jambe droite un pansement avec des tissus de carbone. Il ne faut surtout pas que nous la posions sur l'eau, elle ne résisterait pas très longtemps aux terribles efforts. Bien entendu on ne peut continuer la course avec un tel handicap : on court à la mort.

Nous voilà, alors que nous devrions toucher Perth demain, dans la situation du type qui s'aperçoit que son axe de roue a été scié et qu'il doit encore rouler toute la nuit jusqu'au prochain garage. Plus les heures passent, plus je penche pour une collision à très haute vitesse car les efforts dus à la torsion ne labourent pas le carbone ainsi. Si la plaie ne saigne plus d'ici Perth nous aurons une sacrée veine. C'est une longue opération chirurgicale qui nous attend là-bas. Il va falloir ouvrir la jambe. Ensuite il faudra la reconstruire. Combien de temps sur le billard ? Deux jours ? Plus ? Tout cela nous éloigne de la route et pourtant il est encore trop tôt pour parler d'abandon.

Ce n'est pas qu'un simple arrêt au stand. On sort du circuit et du coup, on s'écarte de la route de 500 milles. Ensuite il faudra rajouter ces mêmes 500 milles à faire dans l'autre sens avec cette fois-ci le vent de face. Evidemment, on peut toujours dire que c'est après la foire qu'on comptera les bouses ! Oui, mais quel sera le spectre de la course quand nous serons prêts à courir à nouveau ? Si les bateaux de tête possèdent 3 000 milles d'avance, alors ce sera foutu. Tout ce que je constate c'est que la météo les empêchait ces dernières heures de descendre dans le Sud et de plonger vers les 50es. Cela me fait dire que dans nos emmerdements on a finalement une petite chance.

Comme si cela ne suffisait pas, qui va être capable à Perth de nous guider à quai sans nous enfoncer la gueule ? Car faire accoster Geronimo, c'est comme faire atterrir le Concorde à l'aérodrome d'Alençon. On peut se poser, oui, mais dans quel état ? Je trouve une maigre consolation à ce qui nous arrive : une telle avarie entre la Nouvelle Zélande et le cap Horn nous aurait conduits aux enfers.

C'est rageant car on conduisait proprement. L'équipage exprimait toute sa compétence et sa puissance dans les manoeuvres et l'adversité que proposait Doha 2006 nous motivait. Nous voilà à présent douloureux et blessés.
" - OdK - source Libération

21/02/05

Geronimo
Exposition Michel Bellion à Brest : Olivier de Kersauson a la Bretagne et la mer dans le sang, Michel Bellion tout autant : la rencontre était évidente. De Saint-Malo à Saint-Nazaire, en quelques minutes parfois quelques heures, l’artiste a saisi sur le motif ce que le marin décrit avec ses mots hauts en couleur, regards croisés donnant vie à des paysages variés, contrastés, magiques surtout. La Bretagne sensuelle, charnelle, vive et violente parfois, découverte par le navigateur prend corps et matière sous les traits et gestes du peintre-marin Michel Bellion. Du 17 février au 20 mai 2005 - Musée de la Marine à Brest.

21/02/05
Paroles de marin : " On a tété obligé de réduire la toile pour pas arriver trop tôt à Perth. On pourra faire la manoeuvre que de nuit, il faut attendre que le vent thermique soit tombé. On est tout près, à 280 milles mais il faut attendre la nuit prochaine pour rentrer. (...) Il y a une équipe compétente qui nous attends là bas sur place avec un bateau pour nous remorquer et des zodiacs. La manoeuvre de port est assez compliquée dans la marina où on va. Il y a un quai de 40 mètres qui est libre, qu'on peut prendre et on sera vent de travers donc faut arriver avec des conditions de vent assez mou (...) On a rendez-vous à la nuit à la bouée d’atterrissage avec le remorqueur pour pouvoir profiter de l'accalmie nocturne pour faire la manoeuvre. (...) Louis Noel Viviès qui est sur place a été très bien aidé, très bien accueilli, là bas par tout le monde (...) Il y a une équipe lourde qui se mobilise pour nous permettre d'atterrir là bas dans des conditions saines. (...) On a fait une sorte de pansement en carbone dessus qui doit empêcher la fissure de s'agrandir mais le pansement cache la blessure. On essai de faire qu'il n'y ait aucun effort sur ce bras. (...) Il va falloir découper, ouvrir, assécher et décider d'un plan de drapage et de réparations. On fait aussi une auscultation comme on fait pour les grossesses. Cela permet de voir à l'intérieur de la structure si il y a des choses endommagées. On fait une sorte d'échographie du bras quoi. (...) Ça peut être fait à quai à condition d'être sur un quai où peut installer eau, électricité, chauffage, tout le tintouin. C'est une pièce qui est à l'arrêt à 1.5 m au dessus de l'eau. On peut isoler ça, on construit autour une sorte de petite tente bien scotchée dans laquelle on maintient une température qui permet de faire l'opération. (...) Cela dépendra du constat de l'avarie pure et de l'échographie et aussi des possibilités de drapage qu'on va avoir sur place qui ont l'air d'être bonnes. Jusqu'ici je peux pas répondre de façon technique tant qu'on a pas ouvert. (...) Une équipe comme ça en course qui est obligé d'aller réparer c'est jamais euphorique, c'est jamais drôle, c'est pas des bons moments surtout quand on voit les autres partir loin. (...) Le temps qu'on répare, nous on va se retrouver avec au moins 2500 milles de retard sur la flotte. Je sais pas, on va voir, nous on fait chaque chose en son temps. (...) Après on verra le temps que ça va durer, je peux pas présumer du temps de réparation avant qu'on ait commencé à ouvrir. " - OdK
 
Geronimo
Geronimo

22/02/05

Paroles de terrienne : " La course est gâchée, le bateau est comme un grand cheval blessé ... Notre tristesse n'a d'égal que la force de notre soutien moral et de nos encouragements. " - Elisa

22/02/05

Fremantle
L'équipage est en sécurité : Geronimo est arrivé à la Marina de Fremantle (Ouest de l'Australie) à 19 h 40 heure Française après avoir été pris en charge par un remorqueur et orienté par des zodiacs. Les travaux d'ouverture du bras ont immédiatement commencé. Le temps de l'analyse suivra avec une échographie qui permettra de déterminer l'étendue des dégât et de faire un diagnostic sur les travaux à exécuter pour remettre Geronimo en état.
Ce port qui a reçu la Coupe de l’America dispose de tous les moyens matériels pour réaliser les travaux. Le Fremantle Sailing Club s'est lui proposé pour accueillir l'équipage.

23/02/05

Fremantle
Paroles de marin : " On est tombé sur une équipe très très organisée sur le plan remorquage, assistance, mise à poste à quai. Il y avait au moins 20 personnes à s’occuper de la manœuvre du bateau. On est rentré comme si c’était à Brest. Sur le quai au milieu de la nuit il y avait déjà une équipe Suisse de réparation composite qui était prête à entamer le travail pour d’abord découvrir l’exacte nature des dégâts qui en fait sont beaucoup plus importants que l’apparence. Les deux peaux extérieures du bras sont fracturées, ce qui confirme d’abord un que c’est un impact avec un objet dur qui était sur la surface de l’eau et deuxièmement on a un programme de réparation très lourd.
On a eu beaucoup de chance de ramener le bateau en entier ici. On a réussi à revenir toujours appuyé sur le flotteur gauche.
Le flotteur tribord il fallait pas s’appuyer dessus du tout, c’était la destruction en 24 heures, ce qui signifie très rapidement la perte du bateau.
Au bout du quai où on est installé, il y a déjà une pompe à vide pour faire le travail, des systèmes de chauffe et tout ça. L’hôpital de campagne est installé au bout d’un ponton qui fait près de 150 m de long. Tout est prêt, le bateau peut-être entièrement réparé là où on est sans bouger.

C’est après un diagnostic total des dégâts qu’on a une idée du temps de réparation. Tout ce qu’on sait c’est qu’on a les moyens d’agir rapidement, voilà, ça c’est une certitude. L’armement Capgemini Schneider Electric a organisé de façon à ce que en fonction des dégâts qu’on découvrait on était à même de répondre rapidement. Après quel est le rapidement de reconstruction de cette partie de structure, là j’ai pas encore les donnés exactes.



Faut rester sérieux, on n’est pas en train de discuter au bistrot ! Si j’avais continué avec le bateau tel qu’il est aujourd’hui on serait cassé et en détresse totale ! Donc faut bien poser les choses comme elles sont : aujourd’hui on est avec un bateau avec une avarie lourde, arrêté à Perth. Cette avarie lourde est sous contrôle, on a fait l’exploration et on se rend compte qu’on a les moyens de réparer ! Le reste je veux pas me prononcer sur rien du tout à l’heure qu’il est !

Je ferai ce qui est faisable, je pense que tout est faisable !
Mais tout n’est pas faisable n’importe comment dans n’importe quel délai. Il n’est pas question de repartir avec un bateau qui soit pas parfaitement en état pour aller affronter les mers du sud. Il faut voir step by step l’évolution de cet arrêt.
On s’est arrêté pour quelque chose de grave et on a découvert quelque chose de très grave.
...
La vie est ainsi faite, souvent vous avez des pépins très lourds ... et dans l'extraordinaire complexité de notre système on a une chance folle que ça se soit passé avant le grand sud où on aurait pu réparer nulle part et qu'on puisse faire route directe sans détruire le bateau jusqu'à Perth. Imaginez, c'est grave comme une attaque cardiaque et on a la chance que ça se passe a 2.5 m de l'hopital Américain." - OdK
 
Avarie Geronimo
Avarie Geronimo
Geronimo Fremantle
 
Faut rester sérieux, on n’est pas en train de discuter au bistrot ! Si j’avais continué avec le bateau tel qu’il est aujourd’hui on serait cassé et en détresse totale ! Donc faut bien poser les choses comme elles sont : aujourd’hui on est avec un bateau avec une avarie lourde, arrêté à Perth. Cette avarie lourde est sous contrôle, on a fait l’exploration et on se rend compte qu’on a les moyens de réparer ! Le reste je veux pas me prononcer sur rien du tout à l’heure qu’il est !
Je ferai ce qui est faisable, je pense que tout est faisable !
Mais tout n’est pas faisable n’importe comment dans n’importe quel délai. Il n’est pas question de repartir avec un bateau qui soit pas parfaitement en état pour aller affronter les mers du sud. Il faut voir step by step l’évolution de cet arrêt.
On s’est arrêté pour quelque chose de grave et on a découvert quelque chose de très grave.
...
La vie est ainsi faite, souvent vous avez des pépins très lourds ... et dans l'extraordinaire complexité de notre système on a une chance folle que ça se soit passé avant le grand sud où on aurait pu réparer nulle part et qu'on puisse faire route directe sans détruire le bateau jusqu'à Perth. Imaginez, c'est grave comme une attaque cardiaque et on a la chance que ça se passe a 2.5 m de l'hopital Américain." - OdK

23/02/05

Carbone composite
Nouvelles du front : mon "envoyé spécial" à Fremantle vient de me téléphoner pour donner les dernières news de la marina du Fremantle Sailing Club. Il a pu s'approcher du trimaran et de l'équipage. Les réparations sont en cours sur Geronimo et avancent très rapidement. L'ambiance est très bonne là bas, il ne signale aucune tension ni aucun découragement. Seul Olivier de Kersauson n'est pas très disponible, mais cela se comprend. Le départ pourrait être beaucoup plus rapide que ce que l'on pouvait craindre, peut-être dans la journée. Merci à Dédé pour ces infos et puis aussi à Skype ... ;-))

23/02/05

Paroles de terrien : " Que voilà de bonnes nouvelles !! Reste à espérer que la colle soit prête le plus tôt possible  pour aller manger du Doha. Courage !!! " - Gilles

24/02/05

Le théorème de Peyron. Extrait d'une interview réalisée par sport.fr en 2004 :
Question : Pensez-vous être capable de boucler le Jules-Verne en moins de 60 jours dans des conditions idéales ?
Peyron : Il n'y a jamais de conditions idéales. Sur ce tour du monde, il y a à peu près six partiels, deux à la descente, deux en bas, deux à la remontée. On a bien regardé toutes les tentatives depuis notre première en 93, c'est intéressant de noter qu'à chaque fois, il y a eu le même pourcentage (un tiers-un tiers-un tiers) de bonnes conditions, de très mauvaises et de moyennes. La meilleure démonstration pour ceux qui parlent de 60 jours et à mon avis rêvent un peu, c'est que si on additionne les meilleurs partiels de toutes les tentatives, on est déjà à 59. C'est donc quasiment impossible car on n'aura jamais les conditions qui nous permettront de faire ça.
Ndlr : On est à 4/6èmes et moi je vois pas où est le mauvais.

24/02/05

Olivier de Kersauson
Paroles de marin : " On va reprendre une position qui est catastrophique étant donné que le reste de la flotte aura sur nous une avance qui va de près 3000 milles à 1500 milles.
L’équipage réagit plutôt bien, il a beaucoup travaillé à préparer le bateau et cet accident est quelque chose de très mortifiant et très blessant humainement parlant. En même temps si on s’arrête à ça, ben il ne faut pas faire ce métier, y’a plus l’envie d’aller en mer que de désespérer sur le quai à Fremantle.

Quand on sera à l’eau on sera sûrement le bateau le plus en état de la flotte.
quel atout réel ça nous donne vis à vis d’une flotte qui a déjà été pas mal éprouvée météorologiquement depuis le départ de Doha ?
Il faut qu’on parte soit après la tombée de la nuit, soit au moment du lever du jour.

On repart à 11
(Antoine Deru est rapatrié pour blessure au genou), comme il faut être 5 hommes par quart Didier va reprendre le quart qu’il avait avant. On va courir comme on faisait avant, deux quarts de cinq et moi hors quart. Le plus tôt on part, mieux c’est pour nous, c’est évident. " - OdK

24/02/05

Geronimo a quitté la marina de Fremantle à 23 h 30 (heure Française)

25/02/05

Paroles de terrien : " Une bonne nouvelle enfin ! Allez Géronimo ! toute une bande de copains est avec toi et espère en toi. En tout cas pour nous ce n’est que Bonheur que tu sois revenu sur la course. Courage  et merci. " - Rugo

25/02/05

Olivier de Kersauson
Paroles de marin : " … On va en plus continuer à avaler des grenouilles d’un mètre quatre vingt. Dans une vingtaine d’heure on devrait récupérer des vents corrects de nord qui nous permettraient faire la route directe. Mais pour l’instant la progression sur la route directe est nulle. C’est comme si on était arrêté sauf qu’on est en train de se recaler sud pour prendre le passage. On fait une route qui est longue et qui est pas rentable du tout. Le reste de la flotte continue à avancer, nous c’est comme si on était immobiles. La course poursuite, ça faut pas trop rêver, on accumule tellement de retard. Dans la journée d’aujourd’hui sur les concurrents on a encore perdu 400 milles. On fait pas la route, nous on fait des zigs-zags. … Enfin si c’était facile, tout le monde le ferait. ...
On n’en a jamais douté
(de la fidélité de nos partenaires), mais les choses vont mieux en le disant. ... C’est dans cinq jours qu’on verra si on a une chance de faire quelque chose. Pour l’instant on continue à déguster. C’est très cher comme réparation ! " - OdK

26/02/05

Olivier de Kersauson
Orange 100 % pur jus. Le catamaran a dépassé la longitude 67°16 du Cap Horn à 23 h 32 TU en pulvérisant au passage tous les temps intermédiaires : Ouessant - Cap Horn en 32 jours 13 heures et 29 minutes (Orange I avait mis 42 j et 3 h en 2002) / Tasmanie - Cap Horn en 8 j 18 h et 6 m / Cap de Bonne Espérance - Cap Horn en 18 j 8 h 8 m / Cap Leeuwin - Cap Horn en 10 j et 23 h 35 m. Ce n'est plus une feuille de route, c'est un tableau de chasse !
Bruno Peyron a tout rafflé depuis l'Equateur. Il ne reste plus à Olivier de Kersauson que le meilleur temps sur Ouessant - Equateur en
6 j 11 h 26 m, maigre consolation.
Et maintenant, qu'allez vous faire avec cette avance de 7 jours 2 heures et 47 minutes ?
Et bien maintenant, Monsieur Peyron, il vous faut transformer tout cela pour que cette chevauchée fantastique devienne le plus beau record de l'histoire de la voile et peut-être de toute l'histoire de la marine! (cf dépêche AFP)
En plus en signant le record du Tour du Monde, vous rendrez sa dignité au Trophée Jules Verne, bafoué par un banquier Américain. Vous avez droit à toute notre admiration et au plus grand respect.
Enfin un coup de chapeau au marmiton du site http://www.maxicatamaran-orange.com/ qui était au boulot à 0 h 39 pour annoncer le passage du Horn avec un décalage de 7 minutes, soit presque " en direct ".

26/02/05

Océanie assistance : Geronimo a enfin stabilisé sa route vers le sud-est et il est maintenant possible de chiffrer le coût du dépannage : l'écart maximum enregistré avec Doha 2006 aura été de 2981 milles. Comme le dit Olivier, " C’est très cher comme réparation !. "

27/02/05

C koi c'délir ? : j'ai pas l'habitude de livrer ma vie privée sur le net mais là y'a un truc : hier je lâche le pc à 23 h, cool cool, Geronimo compte 2981 milles de retard. C'est pas grave, on s'attendait au pire. Je reviens ce matin à 11 h pour consulter la carte et je vois quoi ? Et bien le retard n'est plus que de 2231 milles. C'est incroyable ! 750 milles en 12 heures !!! Peyron doit être vert de rage, cela monterait le record des 24 heures à 1500 milles ? C'est un peu beaucoup, même en bordant bien la grand-voile. Alors c koi ce truc ? Trois solutions : Un, Geronimo a repris le moteur - deux, le satellite tire des bords en sens contraire - trois, les infos de l'oryx sont nases.
Bon, j'ai compris, le site indique que Doha 2006 aurait 6901 mille de retard ... C'est promis j'arrête le cidre. Merci Tracy pour ce court instant de bonheur. " - FL

28/02/05

Coup dur pour Peyron : Orange a heurté une baleine à deux reprises au large de l'Argentine. Il n'est pas possible pour le moment de dresser un bilan des dégâts, mais le safran babord semble endommagé. Si le catamaran n'était pas remis en état, il pourrait néanmoins rejoindre Ouessant, mais à allure réduite.

28/02/05

Liberation
Tout est possible. Y compris le pire. Et pourquoi pas le meilleur ? : " Courir peut sembler aujourd'hui dérisoire quand les premiers possèdent 3 000 milles d'avance. J'ai la faiblesse de croire qu'il n'est jamais dérisoire de s'appliquer. Comme d'aller au bout de ses idées. Spontanément, alors que j'étais abattu, les hommes ont affirmé qu'il fallait repartir pour ce bateau et pour la beauté notre métier, pour lequel chacun, ici, a toujours donné le meilleur de lui-même. J'entends, bien sûr, ce qu'on va m'opposer : mais essayer quoi ? Evidemment, il y a des heures où tout cela n'a pas de sens. Nous ne pourrons jamais corriger la copie salopée par la casse. Dire que le destin nous fait prisonniers ne me console pas. Mais les hommes savent aussi que la mer est pleine de surprises : on peut se rapprocher. Un peu. Ou tomber dans des systèmes météo qui vont encore plus nous éloigner de la tête de la flotte. Tout est possible. Y compris le pire. Et pourquoi pas le meilleur ? Car ce bateau vit pour courir. Notre boulot, c'est d'essayer d'être nous-mêmes malgré les emmerdements et cette foutue loi des probabilités qui nous accable. Quand on regarde les avances colossales de nos rivaux, que nous reste-t-il ? Entendu, c'est un crève-coeur de se faire expulser de la course sur casse, pourtant il convient de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Dans notre misère, on a sauvé le genou d'un équipier.
Antoine boitait depuis quelques jours. La radio a décelé une fracture de la rotule. Il aurait été vraiment amoché si nous avions continué. C'est parce que nous avons réparé un bateau qui souffrait de la patte droite qu'on a découvert que l'un des nôtres s'était fracturé la rotule. C'est un peu l'histoire du type qui est frappé d'une l'attaque cardiaque en face de l'hôpital. Faut-il se plaindre d'avoir été frappé par l'infarctus ou alors se réjouir de la proximité de l'hôpital ? Je savais qu'Antoine était un peu mal en point. Je reconnais là une sorte de tradition un peu stupide qui consiste, à bord, à ne rien dire de la douleur. Nous voilà donc un de moins. J'aimerais rendre grâce à Louis-Noël Viviès, responsable de l'armement de Geronimo, qui, aidé par une épatante équipe australo-suisse, a coordonné les réparations. Tout a été fait avec un sérieux qui m'a bluffé. J'ai rarement vu une telle générosité et un tel enthousiasme. La façon dont le yacht-club de Fremantle nous a accueillis m'a touché profondément. Ces mecs ont travaillé avec beaucoup de maturité, de sérieux et d'efficacité. C'était très réconfortant de voir ces hommes au travail soigner ce bras salement touché. Vu l'ampleur des dégâts, nous avons eu une chance folle de pouvoir ramener le bateau. Aujourd'hui, nous voilà en mer, pleins de chagrin. Nous sommes comme une meute à qui on a retiré son os. On revient dans le match dans lequel l'adversaire a quitté le ring. On reste les bras ballants, encore meurtris par les coups, et il nous est impossible de les rendre. L'équipage, qui n'est dupe de rien, sait bien qu'il n'y a plus de carotte. Pourtant, il fait son métier avec tellement d'amour pour ce bateau que j'en viens à me demander si un bon équipage n'est pas celui qui court sans carotte.
" - OdK - source Libération

01/03/05

Paroles de marin : " C’est agaçant !On verra bien mais tout ça est un peu triste voyez vous !!! " - OdK

01/03/05

La poisse : L'équipage a constaté un début de délaminage sur le bras de liaison avant. Il ne s'agirait pas de la partie réparée à Fremantle. Le trimaran est à la recherche d'une zone calme à l'est de la Tasmanie pour faire un diagnostic et prendre une décision sur la poursuite ou non de la compétition, qui n'avait en fait plus beaucoup d'intérêt depuis l'avarie.

02/03/05

Olivier de Kersauson : " La sécurité des hommes passe avant tout le reste on remonte sur Sydney les visages à bord sont graves et défaits. "
 
Olivier de Kersauson

02/03/05

Paroles de terrienne : " Une pensée pour un grand Cap'tain et son valeureux équipage : la vie nous amène souvent à prendre des décisions que l'on aurait souhaité contraires, c'est surement ce qu'a pensé Geronimo l'Apache le jour où il s'est rendu, le jour où il a dit, la tête haute, à cet officier de l'armée americaine : "Autrefois j'allais comme le vent, aujourd'hui je me rends c'est tout"... Avait-il le choix ? Bien sur que non, c'était ça ou le massacre de tout son peuple ... Toutes les rédditions sont le reflet de l'intelligence et de la sagesse d'un homme. " - Kaya