Olivier de Kersauson 2005
   
Les brèves de 2005 (page 1 sur 3)
 


23/01/05

GeronimoSuez
Voir Doha et ... partir : Olivier de Kersauson qui n'est pas du style à composer avec le genre humain, a beaucoup appris dans ce domaine lors du convoyage à Doha. Deux fois ne sont pas coutume, c'est avec les hommes de l'armée Egyptienne qu'il a fallut tirer des bords à Port Saïd, pour pouvoir franchir le Canal de Suez, puis avec la marine Iranienne pour dépasser l'ile d'Abu Masu en face de Dubaï.
Les deux trimarans sont enfin arrivés à Doha. Il reste maintenant 10 jours pour prendre du repos, mettre Geronimo en configuration de course (chasse aux tonnes superflues) et sélectionner l'équipage définitif. Départ de ce tour du monde le 5 février 2005.

24/01/05

Orange II
Peyron à la pêche au gros : Orange II a franchi la ligne Ouessant - Cap Lizard à 11 heures 03 minutes et 07 secondes heure locale (10h 03 mn 07s GMT)

Ce n'est pas moins de 2 records que Bruno Peyron veut faire tomber avec le catamaran Orange II : le Trophée Jules Verne détenu par Olivier de Kersauson en 63j et 13h 59m et 46s et le record du tour du monde de Steve Fosset en 58j 9h 32m 45s.

Pour battre le temps du Trophée Jules Verne, Orange II doit revenir avant le 29 mars à 0h 01mn et 53s (GMT). Pour battre le record absolu du tour du monde à la voile, Orange II doit franchir la ligne d'arrivée à Ouessant avant le 23 mars 2005 à 19h 34mn et 52s (GMT).

Déclarations de Bruno Peyron avant le départ : " Le Trophée Jules Verne c'est le parcours de la liberté absolue. C'est un très beau parcours avec forcément beaucoup de difficulté et des situations météorologiques très diverses et complexes. Ce n'est pas un hasard si peu de tentatives ont réussi à ce jour. Orange II est le bateau à priori le plus rapide du monde. Il a montré son haut potentiel cet été avec le record des 24h et celui de la Méditerranée. A nous de montrer qu'il est aujourd'hui le plus rapide autour du monde. Il ne faut pas oublier que nous marins, ne sommes pas plus puissant qu'il y a un an. Le bateau est très grand, très lourd, très toilé (plus de 1000 m2 de voile). Il faut toujours garder une lucidité totale par rapport au potentiel de puissance que nous avons entre les mains. Tous les marins qui ont l'expérience du tour du monde ont presque tous de mauvais souvenir de l'océan Indien. Il faudra être très prudent et très lucide dans la traversée de cet océan qui est difficilement prévisible. Nous embarquons à manger pour 58 jours. C'est psychologiquement assez bon de se dire qu'on aura plus à bouffer au delà de 58 jours".

Les 13 équipiers de Bruno Peyron : Roger Nilson (navigateur, médecin), Lionel Lemonchois (chef de quart-barreur), Philippe Péché (chef de quart-barreur), Yann Elies (chef de quart-barreur), Ronan Le Goff (N°1, responsable accastillage et gréement), Sébastien Audigane (barreur, responsable sécurité), Jacques Caraes (régleur, responsable vidéo), Florent Chastel (N°1, responsable gréement courant), Yves Le Blévec (régleur, responsable organisation générale), Jean-Baptiste Epron (régleur, responsable avitaillement et logistique), Nicolas de Castro (N°1, responsable composite), Ludovic Aglaor (barreur), et... Bernard Stamm (barreur, responsable mécanique).

Orange II est détenteur de 2 records depuis l'été 2004 : celui de la distance parcourue en 24h (706,2 milles parcourus, à la moyenne de 29,29 noeuds) et le record de la Méditerranée (17h 56mn et 13s, à la moyenne de 25,53 noeuds).

Bon vent à Orange et souhaitons lui de ramener le record du tour du monde à la maison (et donc également le Trophée Jules Verne).

01/02/05

Sheraton Doha
Les potins du Sheraton (Exclusif). Après une réception à l'Ambassade de France où Olivier est venu dans une tenue vestimentaire " spéciale diplomatie " dont il a seul le secret (pantalon blanc retourné à mi-jambes et bottes en caoutchouc de la coopérative maritime de Brest ...) les sponsors, dont Philippe Lavie, Directeur de communication de Schneider Electric, ont réunis une cinquantaine d'invités au Sheraton de Doha, en présence de l'équipage de Geronimo. OdK était de fort mauvaise humeur pestiférant contre tous et, en particulier contre les organisateurs Anglais qu'il rend responsables de la fragilité du ponton d'amarrage officiel. Le tirant d'eau est en outre trop faible au niveau de ce ponton, aussi, par sécurité, Olivier a préféré rester au port de commerce. Une trentaine de privilégiés ont eu la possibilité de visiter le trimaran: l'habitabilité y est extrèmement spartiate avec 1 seul wc marin pour 12 hommes (les connaisseurs apprécieront), deux postes de cuisine et des bannettes où il vaut mieux ne pas essayer de se retourner. Yves Pouillaude ne rentrera pas en France pendant la durée de l'Oryx, il restera sur place à Doha ou dans la région. Olivier de Kersauson, qui semble très optimiste sur ses chances, ne compte pas s'éterniser à Doha au retour : " Je prends mon chèque et je me casse !!! "
 
Olivier de Kersauson Doha
Olivier de Kersauson Doha

02/02/05

Sheraton Doha
Sélections. Les 12 hommes qui participeront à l'Oryx Cup sur Geronimo sont maintenant connus : Olivier de Kersauson : skipper, Didier Ragot : second & cellule tactique, Pierre Corriveaud : chef de quart , Franck Ferey : chef de quart , Xavier Briault, Armand Coursaudon, Philippe Laot, Rodolphe Jacq, Jean Charles Corre, Arnaud Boissière, Lucas Zamecknick.
On relève donc 3 petits nouveaux : Lucas Zamecknick, 29 ans né à Paris embarquera pour son premier Tour du monde. Jean Charles Corre, 32 ans né à Lorient et résident à Tahiti a eu un parcours atypique car il est également officier de marine marchande. Arnaud Boissière, 32 ans, bordelais, titullaire d’un deug de géographie a participé à de nombreuses courses dont 2 mini Transat, 3 figaro et également à la préparation d’Aquitaine innovation.
Yves Pouillaude, ancien et toujours fidèle d'Olivier de Kersauson a choisi de ne pas participer à ce tour du monde.

03/02/05

Sheraton Doha
Convergence Antarctique. La direction de course de l'Oryx Cup 2005 a annoncé la création d'une marque de passage obligatoire à l'est de l'Uruguay afin de contraindre les multicoques à remonter légèrement au nord dans la mer de Weddell (extrème sud de l'Atlantique) pour éviter les effets désastreux des remontés de glaces de la convergence Antarctique.
Cette sage décision sera de nature à dissuader les audacieux de prendre des risques en coupant au plus serré à partir du cap Horn pour rejoindre le Cap de Bonne Espérance.

04/02/05

Sheraton Doha
Il est temps d'y aller : Olivier de Kersauson est pressé d'en découdre à armes météorologiques égales avec une sélection des plus grand multicoques de la planète, dont le fameux Cheyenne qui a décroché tant de records illustres et enviés.
"Il est temps d'y aller. Nous avions envie de faire une pause dans le défi " solitaire " (Trophée Jules Verne). Et puis là, nous serons en course et les souffrances ne seront plus les mêmes car elle seront partagées ! On ne se battra plus contre un chronomètre et nous serons météorologiquement parlant à armes égales. Et surtout, nous sommes vraiment ravis de partir nous frotter en course à une telle concurrence"
Départ de ce 10ème tour du monde pour Olivier de Kersauson demain samedi 5 février 2005 à 12 h. Prévisions météo : 10/15 nœuds de Nord, fraîchissant 15/20 en soirée, puis 20/15 nœuds de sud ouest.

05/02/05

Sheraton Doha
Paroles de terriens : " Tout change, nous n'entendons plus, comme avant, la voix de la mer lors des départs de course. Elle ne parvient plus à se faire entendre, elle essaye pourtant, mais il y a tellement de bruit ça et là, que la mer pleure et on ne l'entends même pas. On entend seulement le bruit des appareils photos, clic clic, flash flash, et le brouhaha causé par le blabla incessant du ghotta invité, bon mais eux  c'est normal qu'ils parlent ils s'en foutent de la mer, ils n'aiment pas la mer, ils ne savent même pas qu'elle a une odeur bien à elle, ils veulent juste se montrer, voir et être vu, on appelle ça les relations publiques... Pfiou quelle misère, mais dites moi, dans quel monde on vit ? Hein, je vous le demande... Je suis triste. Oh ben non faut pas l'être. Oui bon ben merde je fais ce que je veux ! Je suis triste c'est tout ! Ok, ok et qu'est ce qui pourrait faire que tu sois moins triste ? Ben une seule chose : que Geronimo gagne. Pour la coupe ? Ah ben nan pas pour la coupe, tu l'as vu ? Elle est trop pas belle, je déteste le tape à l'oeil, le clinquant, bref en un mot le vulgaire. Pour l'argent ? Ah non encore moins c'est à cause de ça que l'on entends plus la mer et pi franchement ils feraient mieux de donner tout ce fric pour les victimes du Tsunami, c'est pure indécence tout ça :( Non, je souhaite que Geronimo gagne juste pour récompenser les gars et le Cap'tain de leur travail... C'est mérité... Bonne chance à vous Messieurs, nous penserons bien à vous :) " Kaya

05/02/05

Bruno Peyron : au douzième jour de navigation Orange II compte 3 jours d'avance sur les deux records à battre. Après un départ moyen, Bruno Peyron a remarquablement négocié l'anticyclone de Sainte Hélène. A ce train là, le cap de Bonne Espérance pourrait être atteint en 14 jours et quelques heures, établissant ainsi un nouveau temps de référence sur la distance Ouessant-Bonne Espérance (Trophée Jules Verne et Tour du Monde confondus).

05/02/05

Oryx Cup : le top départ a été donné à 12 h par son Excellence, Cheikh Tamim bin Hamad bin Khalifa Al Thani (moi mon nom c'est Lombard !!!)
Ambiance détendue à bord de Geronimo quelques minutes avant le départ. Un groupe de supporters Français a fait du bord à bord avec le trimaran en scandant " le million, le million !!! ". L'équipage a répondu en levant les bras en l'air dans une clameur générale. Malgré les interdictions locales, il y avait même un optimiste à proximité de la ligne de départ pour soutenir les participants. Doha 2006 a franchi la ligne en 1er (diplomatie oblige ?), Geronimo en 2ème suivi de Cheyenne et Daedelus. Bon vent à tous.
 
Olivier de Kersauson Doha
Olivier de Kersauson Doha

06/02/05

Paroles de terrien : " En ce printemps où tout s’exprime, tout bouge et tout revit, vous partez valeureux marins. Loin des salamalecs, des APN et des cliquetis, loin de tous ces désagréments mais qui nous donnent à nous simple terrien la chance de vous voir vivre et de vous suivre. Mélange des niveaux, des priorités. Où se trouve-t-on ? Auprès du cœur, au niveau de la rentabilité, de l’orgueil des nations ? Un seul instant pour toutes les priorités, un grand flou plein de clarté et de bruits, un grand flou assourdissant, un grand flash pour mieux vous retrouver. Hommes de bateaux et coureurs de mers, le départ a été donné. Marins valeureux et professionnels de qualité, à vous de jouer ! Chut … chers lecteurs, place aux vents aux vagues au soleil, place au 4 coursiers, place aux cerveaux et aux matériaux. Ouvrez grand les yeux, ouvrez grande votre imagination, ouvrez votre esprit pour les soutenir du premier au dernier. Il sont tous là avec le meilleur d’eux-mêmes, leurs têtes leurs tripes et leurs muscles. Ils sont tous là pour vous offrir une merveilleuse course. Mon cœur est avec vous tous, marins et terriens. " Carcadey

06/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " Une journée sans vent comme celle ci, on perd deux kilos de sueur pour s’en sortir si on est en record ! Alors que là, on voit les autres qui ont à peine assez de vitesse pour garder leur cap, alors cela nous soulage, ça nous fait même assez plaisir de les voir dans la même pétole que nous dans tous les sens. Là on est vraiment contents d’être en course ! . " OdK

07/02/05

Paroles de terrien : " Un départ dans l’allégresse qui promet ! Pas facile de retenir son souffle ! Mais souffler ne serait  pas jouer. Que tous les équipages  prennent grand plaisir à naviguer et que la force et les cieux soient par exemple avec beau GERONIMO ! Bons vents à Olivier de Kersauson et son équipe. " Frédérique

07/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " Les premières heures de course ont été amusantes puisque nous naviguions, non pas en fonction du vent, mais en fonction des obstacles. Ici, des interdictions de naviguer Iraniennes, là, des champs de pétrole… Cela ressemblait à une course de voitures dans un salon encombré de meubles. Nous avons viré ou empanné à cause des obstacles, ce n’est pas très maritime et les bords n’ont pas toujours été rentables, mais comme tout le monde est logé à la même enseigne, ce n’est pas pénalisant.  Même si nous rencontrons de la pétole, ce n’est pas dramatique, en record, c’est un drame et l’ambiance s’en ressent. Il n’y a pas la même tension… Les autres concurrents subissent ou vont subir la même chose. Que l’on mette 55 jours ou 63 jours à boucler ce tour du monde n’a pas d’importance, ce qu’il faut c’est couper la ligne en tête. La compétition c’est définitivement plus amusant et moins fatigant qu’un record  " OdK

07/02/05

Pas de quartier pour Orange II : Bruno Peyron vient d'atteindre la longitude du cap de Bonne Espérance (20° E) à 18h22 TU (19h22 française) en signant deux nouveaux temps de référence : Ouessant-Bonne Espérance en 14 j 8 h et 19 mn (2 j 6 h 16 m de moins qu'OdK en 2003) et Equateur-Bonne Espérance en 7 j 5 h et 22 mn (2 j 11 h 5 m de moins que Fossett en 2004). Le catamaran compte maintenant près de 4 jours d'avance sur Geronimo et Cheyenne.
A vos calculettes : sachant que si tout va bien, il faudra un peu moins de huit jours à Orange II pour rallier le cap Leeuwin quelle serait la moyenne horaire à réaliser par Olivier de Kersauson pour rencontrer son "ami de 30 ans" au sud de l'Australie ? ... Réponse : 23.42 noeuds !!! C'est tout à fait possible ça :-)
Bruno Peyron le sait parfaitement et Olivier lui s'en fiche bien mal ! Quoique, maintenant qu'il préfère la compète ...

07/02/05

Paroles de terrien : " Courage je suis avec vous les mecs, même si je suis un simple terrien. Tenez bon, je souffle dans vos voiles de toutes mes forces et demain je vais bosser à 5 h. Vas y Olivier, tu fais du bon boulot. Bises à tous. " Gilles

07/02/05

Ellen Mac Arthur
Ellen et les garçons : 28 ans, 1.60 m, Lady Ellen Mac Arthur n'a pas bricolé en établissant un nouveau record du Tour du Monde en solitaire sur multicoque en 71 jours 14 heures, 18 minutes et 33 secondes avec son trimaran Castorama. Elle relègue derrière elle des noms prestigieux de la voile : Sir Robin Knox-Johnston (313 jours en solitaire en 1969) - Olivier de Kersauson (125 jours en solitaire en 1989) - Titouan Lamazou (109 jours en solitaire en 1990) - Bruno Peyron (79 jours en équipage en 1993) - Sir Peter Blake (74 jours en équipage en 1994), Francis Joyon (72 j 22 h 54 min et 22 s en solitaire en 2004) et enfin d'Olivier de Kersauson (71 j 14 h 22 m en équipage en 1997).
Ce n'est plus un beau tableau de chasse mais une tentative de génocide de toute une génération de marins !!! Cette Jeanne d’Arc Anglaise a tout d’une sorcière ...

08/02/05

Paroles de terrien : " Pour reprendre ce record, il faudra encore plus de sueurs et de larmes. C’est fantastique ce que Lady Ellen vient de réaliser : admiration Bravo et Merci. Un grand vent d’encouragements pour « nos gars au Qatar ». Trois cata contre un tri c’est pas juste !!! Mais nous avons un bon « captain » comme aime dire Kaya  (heureuse de vous retrouver) " Rugo

08/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " On essaye de traverser un anticyclone monstrueux, on a Doha 2006 à vue à 4 milles depuis le lever du jour. Il y a une espèce de pétole blanche, le vent oscille entre 1 - 2 et 3 noeuds. Tout cela avec une chaleur de bête. Tout ça donne une idée de ce que ça risque d'être au retour. On fait du 360° de temps en temps parce que le vent tourne et cela repart avec 1 noeud de chiotte de Sud-Ouest. Un espèce de ballet mou. J'ai vécu cela en record ce qui est assez horripilant, mais en course c'est assez marrant. Il n'y a pas le stress qu'il y a en record mais c'est désolant. Dans ces conditions là on va démarrer ensemble. Il n'y aura pas de surprise. On ne sera pas à 20 noeuds avant 48 heures. "
Sur le mât basculant : " On en saura plus dans 5 à 6000 milles. À certaines allures, ça a l’air d'être payant et à d’autres allures ça a l'air d'être catastrophique. "
La vie à bord :" Didier et moi on est hors quart donc moi je dors plus que d'habitude. Comme on fait toutes les manoeuvres, cela fait 7 hommes sur le pont à chaque manoeuvre. C'est bien, ce rythme à l'air d’être satisfaisant pour tout le monde. "
Au sujet de Lady Ellen : " Il faut une grande intelligence de la mer et de la compétition pour réaliser ce que cet extraordinaire marin de 30 kilos a réalisé. Il ne s’agit pas d’une légende vaporeuse, c’est une professionnelle de haut niveau, au caractère formidable, structuré et déterminé. C’est le résultat de trois ans de travail acharné grâce auquel on peut voir que tous les 18 mois, les progrès réalisés sur nos bateaux peuvent être décisifs. Un grand bravo à Ellen et son équipe ! " OdK


09/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " Depuis 7 heures, on n'est plus à vue de Doha 2006. On a de l'est - nord-est, ça va bien on est entre 21 et 26 noeuds. La mer est relativement plate, facile, c'est une bonne glisse. C'est une piste relativement facile mais c'est pas parce que la bande de roulement est douce que la transmission n'est pas dure. Il faut se méfier de ce qui se passe autour de nous. " ...
" Je ne sais pas si son option sera payante (option de Cheyenne positionné 3° plus au nord et 3° plus à l'est), on n'est pas encore dans un système d'alizés établi. C'est difficile d'avoir un regard sûr sur les zones qu'on traverse en ce moment. Entre les prévisions et la réalité on a quand même des écarts assez forts. " ...
" A bord, il y a une bonne ambiance. Tout se passe bien dans une ambiance passionnée, maritimement agressive et humainement détendue. On a fêté l'anniversaire de Didier Ragot. Antoine (Deru) lui a fabriqué une sorte de ruban pour tenir ses cheveux, c'est d'un goût délicieux. On n'a pas tellement le temps de gueuler happy birthday sous les étoiles. " ...
" Dans 48 heures, on sera pas loin de l'Equateur. Le passage du Pot au Noir à l'air d'être très très spécial avec création de petites dépressions qui peuvent devenir cyclones. J'ai du passer le Pot au Noir environ 25 fois dans ma vie ou 30 fois. On sait pratiquement tout sur le Pot au Noir en l'Atlantique Nord mais dans cette région là on ne sait pas. On a une idée, mais ça reste une idée. " OdK


09/02/05

Nouvelles : J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle ? Allez la mauvaise : Bruno Peyron est privé de radar. Sa navigation est devenue très dangereuse la nuit, il n'a plus que des jumelles infrarouge pour repèrer les icebergs qui foisonnent à la latitude 50° S. La bonne : pour la première fois depuis 2001 le site officiel de Geronimo diffuse de superbes vidéos transmises par satellite depuis le trimaran. Allez y c'est émouvant de voir Olivier à la table à carte et cela vaut le coup de patienter le temps du téléchargement.

11/02/05

Paroles de marin-terrien : ODK et son équipage n'ont pas quittés Brest pour des Prunes ! J'ai pu suivre de très près la préparation de Geronimo pour mon ami François et ça me ferai mal au c.. si Geronimo revenait à Brest bredouille ... J'ai navigué durant 8 ans sur toutes les mer et je sais pertinemment que rien n'est gagné ... Mais, j'ai hâte d'être là, au Moulin Blanc pour le retour... Car, un retour d'ODK à Brest après un tour du monde est toujours un moment qui marque ! Et le mal au c.. en cas d'echec sera très vite oublié ... Le mal à la tête qui arrivera le lendemain s'il gagne risque d'être plus douloureux... ! Je retiens l'exploit humain, et peu importe l'issue... Un tour du monde en voilier n'est à la portée que de très peu de marins. Yannick

11/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " Y'a pas énormément de vent, mais c'est un angle au vent où les bateaux vont vite. On est souvent à 27 noeuds avec la mer de travers ce qui est pas toujours facile. Dans les deux dernières heures, le nombre d'arbres qu'on a croisés sur l'eau ! Ce sont des arbres qui ont été arrachés par le Tsunami et qui en un mot ont fait la route. Y'a des épaves partout sur la mer, on espère qu'on va pas s'en prendre une aussi. On les voit mais alors de nuit c'est plus compliqué. On a appris ça on était en mer en convoyage sur Doha. C'est effrayant et quand on voit, à la position où on est, les arbres arrachés, on se dit le voyage qu'ils ont fait depuis un mois déjà. Ces arbres ont été arrachés à la terre par une vague énorme, ça glace le sang." ...
" On a des points météo assez précis avec Météo France, ils ont l'air d'être bien pointus sur les zones qu'on traverse. il y a beaucoup d'observations qui sont dans l'ensemble assez bonnes. Mais là où on est étonné c'est l'extraordinaire variabilité à l'intérieur de ces observervations. Les vents changent de 10 -15 ° à toute vitesse, de 5 noeuds en force à toute vitesse. C'est très irrégulier. Ça n'a rien à voir avec l'Atlantique. " ...
" A la table à cartes, dès qu'on peut ouvrir les capots pour aérer, on est en eau immédiatement. Je sais pas quelle température il fait. D'ailleurs je préfère pas regarder ça nous couperait le moral. "OdK

12/02/05

Geronimo
Paroles de marin (fin de la vacation du 11) : " Si le vent se maintient, mais il se maintiendra pas dans 360 milles ... on va être dans une zone de calme dans une quinzaine d'heure et là on va faire un Equateur où il y a des vents très faibles. ... C'est sur une option météo que j'ai prise qui n'était manifestement pas bonne. Il y avait une information qui me manquait. J'ai fait une stratégie et là j'ai payé cash, sérieux d'ailleurs. On a été chercher le vent d'est qui ne venait pas, c'est pour ça que j'avais lofé beaucoup et quand on redescendait sur les Maldives, Doha pouvait lofer alors que moi j'étais obligé d'abattre. Il y avait un écart de vitesse facilement de 4 noeuds entre les deux bateaux et ça a duré une vingtaine d'heures. Après la pétole nous est arrivé dessus ensemble, et ils sont sortis de la pétole dix heures avant nous ... On n'est pas inquiets non plus. "
" C'est bien, c'est génial, on navigue, on est nombreux, on est un de plus que d'habitude. Le fait que Didier et moi soyons hors quart cela me permet d'être beaucoup plus sur le pont que d'habitude, de faire de la barre, de rester sur le pont et puis j'ai le temps de m'économiser. Je sais que Didier peut prendre la relève à tout moment si j'ai besoin de dormir, ça fait une bonne ambiance. Les chefs de quart, Pierre Corriveaud et Franck Ferey mènent cela à la baguette, c'est vraiment bien. A chaque manoeuvre on est sept donc on va vite. "
" C'est sans innocence, on va vers des mers rugueuses, des océans qui sont d'une grande beauté, et un Pacifique froid. Aujourd'hui à l'intérieur du bateau, en dépit du vent, il doit fait facilement 35-37° et quand on va arriver là bas, par moments il va faire -3-4°. Cela va faire un rafraîchissement voyez-vous ! " - OdK

14/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " Je comprends pas bien les calculs qu'ils font. Je vois pas comment on aurait repris 130 milles à un bateau en 24 heures. Je pense qu'on lui a repris 70 milles à peu près et que maintenant on est très près de lui et il y a surtout le fait qu'à priori on doit aller mieux dans cette mer hostile que lui. Il y a deux parcours depuis le départ, maintenant on est tous enfin dans les vents établis de la même direction. Le parcours ressemblait quand même beaucoup à une loterie. Comment voulez-vous expliquer qu'un bateau comme Cheyenne soit 200 ou 300 milles derrière nous alors que manifestement c'est un bateau qui a des jambes pour être à la même hauteur que nous. (...) La mer est trop dure, j'espère pouvoir ouvrir (l'angle du vent) demain matin, faire de la glisse. Là, la seule chose qu'on peut faire c'est serrer le vent, en plus il y a entre 22 et 27 noeuds dans les rafales. Actuellement sur Geronimo on est avec deux ris-trinquette et un clapot maudit. (...) Nos partenaires Cap Gemini et Schneider Electric ne devraient pas être déçus du mal que se donne cette équipe, c'est vraiment une belle équipe. (...) Doha 2006 a été préparé tardivement, bien, avec une très très bonne équipe et à mon avis un très bon voilier. Vu ce que j'ai vu, ils ont des voiles sublimes pour les petits airs et puis une équipe qui sait travailler. (...) Un bateau dans une course comme l'Oryx Cup qui a 300-400-500 milles de retard sur un autre, ça veut dire qu'il est moins bien placé mais ça veut pas dire qu'il est pas dangereux. " OdK

14/02/05

Orange fonce plein pot : le catamaran a passé la longitude du cap Leeuwin (115°08 E) à 23h58 TU soit après 21 jours 13 heures et 54 minutes de mer depuis Ouessant à la moyenne de 22,8 noeuds. Ce temps devient une nouvelle référence mais au passage deux autres temps ont été battus : Bonne-Espérance/Leeuwin en 7 jours, 5 heures et 35 minutes (5h 58m de moins que Loïck Peyron sur Innovation Explorer en 2001) et Equateur-cap Leeuwin en 14 jours et 11 heures (5 jours de moins qu'Olivier de Kersauson sur Geronimo). Bruno Peyron qui considère tout cela avec sérénité a levé un peu le pied en raison de l'état de la mer (creux de 6 à 8 mètres) et pour rester positionné en deça d'un front avec un vent moyen de 40 à 45 nœuds.

14/02/05

Liberation
Le jeu est subtil, parfois amusant et souvent cruel. : " Notre départ de Doha ? Un peu comme si, d'une main immense et lasse, s'étaient échappés doucement quatre grands bateaux pour ce tour du monde. On aurait dit un départ mou comme la montre de Dali. Ce qui pour nous est chose nouvelle, car nos départs pour chasser le Jules-Verne se déroulaient d'ordinaire dans des conditions musclées. Mais se retrouver en course nous soulage de cette douleur permanente du record. C'est comme si on nous avait retiré d'un coup sec ce poignard que nous avions dans le ventre. Bien sûr, il y a les adversaires ! Nous sommes restés à vue du catamaran Doha 2006 pendant vingt-quatre heures. On renoue du coup avec cette joie de naviguer en flotte, avec ces moments étonnants où l'on progresse à l'aveugle. Combien m'a-t-il pris ? Combien lui ai-je repris ? Avec les phénomènes météo hors normes que l'on rencontre dans la descente de la mer d'Oman, il est possible de perdre 100 milles en une journée. Le jeu est subtil, parfois amusant et souvent cruel. A ce propos, je pense à un bateau comme Cheyenne (qui détient le record autour du monde en 58 jours, ndlr), qui a enchaîné depuis le départ toutes les catastrophes météo. Il accusait hier 350 milles de retard. Pourtant, rien n'indique que demain il ne sera pas dans notre tableau arrière. Tout cela pour dire qu'en mer les acquis solides n'existent pas. Par exemple, toutes les sources météo, la semaine dernière, donnaient une variation dans l'Est et je m'en suis servi pour me placer. Résultat : j'ai pris une gamelle et perdu 60 milles en vingt-quatre heures. Toute la flotte est sous l'emprise des coups tordus. Le retour vers Doha va l'être tout autant. Après avoir coupé l'équateur samedi 35 minutes derrière Doha, on a repris une partie de notre retard. Puis Doha 2006 s'est à nouveau échappé.
Ce qui nous est commun pour le moment, c'est cette chaleur de bête sur un océan panthère avec des taches de calme. Un coup, on se fait dévorer par la prévision. Le coup suivant, tu dévores l'autre. En longeant la côte indienne, on a vu quatre énormes arbres déracinés qui dérivaient. Nous étions en convoyage quand nous avons appris ce gigantesque raz de marée. J'en ai eu la gorge serrée. Le "monstre" tant redouté par chaque marin avait frappé des paysages d'une grande douceur. Ces arbres déracinés, comme un legs d'un monde qui n'est pas complètement achevé, avaient quelque chose de glaçant. J'ai souvent affirmé que mon équipage était très courageux. Il possède une grande agressivité dans la navigation et Geromino, c'est quand même un demi-kilomètre de cordage à bouffer à la manoeuvre.
Au moment où j'écris ces lignes, je nourris la satisfaction d'avoir formé avec Didier (Ragot, son second, ndlr) des matelots aux profils si singuliers et d'en avoir fait des chefs de quart. C'est justement cet héritage que j'ai transmis que je m'enchante de voir au travail jour après jour. "
- OdK - source Libération

15/02/05

Paroles de terrienne : " C'est avec impatience que j'attendais le 5 Février (c'était aussi mon anniversaire) pour suivre cette nouvelle course qui s'annonçait très intéressante. Elle l'est, en effet. De plus,  Geronimo offre une impression de réussite et de gaieté, c'est très agréable, et cela à passer le long hiver Parisien ... " - Elisa

15/02/05

Point météo : " Le prochain obstacle est une bulle anticyclonique située dans leur sud, elle se déplace très lentement vers l'ouest. Les deux bateaux ont croisé cette nuit, Geronimo navigue plus près du vent que Doha 2006, ils profitent actuellement d'un alizé Est/Sud Est de 20 nœuds de moyenne. Passée cette cellule anticyclonique, ils vont toucher des vents assez forts. Normalement, la bulle est à contourner par l'ouest, pour aller chercher le flux perturbé au niveau des 40èmes, à partir de là, ça devrait cavaler, dans environ deux jours et demi, trois jours, ça va dépendre de la manière dont ils négocient la bulle " Richard Silvani - Météo France

16/02/05

Le coup du lapin vert : Les gens de mer le savent bien, on ne prononce jamais le mot lapin sur un bateau, cela porterait malheur. Cette superstition ne semble pas être la seule puisque le vert serait également maléfique chez les marins. La preuve en est que Mark Featherstone a officiellement demandé à la direction de course de l'Oryx Cup de changer la couleur de Cheyenne sur les cartes ! Ce qui fut demandé fut immédiatement fait ... Cheyenne qui était en vert est devenu violet ! C'est déjà un peu gros cette gaminerie, on aurait pu en rester là. Et bien non, les grands enfants déclarent maintenant qu'ils ont immédiatement gagné de la vitesse ce qui leur a permis de reprendre l'avantage sur DAEDALUS !!!
Cela vous fait rire ???
Moi je trouve cela consternant, je me faisais une toute autre idée de la compétition océanique !
Cheyenne devrait aussi se faire livrer un trèfle à quatre feuilles au milieu de l'Indien pour pouvoir remonter Geronimo plus rapidement. Je suis bête ... un trèfle c'est vert ! Je suis en train de me demander si Fosett n'a pas décroché le record absolu du Tour du Monde en disant des messes noires contre Olivier de Kersauson dans le cockpit de Cheyenne.

16/02/05

Geronimo
Paroles de marin : " On va arriver dans un système anticyclonique très lourd, relativement mobile mais complexe. La stratégie est pas évidente, elle existe mais elle est pas évidente. C'est bien cabossé mais on a l'habitude des bosses donc ça va, c'est un peu chaotique comme vous l'entendez. Il faut voir, c'est compliqué. La stratégie demain elle va beaucoup dépendre de la réalité du déplacement d'un énorme anticyclone qui nous barre la route. Donc est-ce qu'il se déplace vite ou pas vite vers l'est ? Si il se déplace en laissant de quoi passer, on passe, si il ne laisse pas de quoi passer, c'est pas terrible. En général dans une flotte mieux vaut être le bateau au vent parce qu'au moins à ce moment là on est libre de sa manoeuvre. On peut descendre sur l'autre, c'est un meilleur point de contrôle. Mais en fait moi j'ai pris cette stratégie là parce que je pensais que c'était bien d'être placé là où on est. Vous faites en permanence des choix en fonction de ce que vous avez compris dans le monde qui vous entoure. Le monde météorologique, les renseignements qu'on a sont relativement précis. Mais l'évolution est parfois un peu capricieuse. Dès que vous prenez une option un peu marquée, vous prenez un risque. Le risque météorologique qui peut-être lourd. Cela doit être surveillé heure par heure, c'est ce que j'étais en train de faire quand vous m'avez appelé. J'étais en train de faire des simulations de ma route en fonction des renseignements que j'ai pour voir si je pouvais passer ou pas passer. C'est de l'épicerie. " (...)
" L'anticyclone est lourd, il est gros, il fait 1200 kilomètres de diamètre en nord-sud et 2000 et quelques en est-ouest donc il faut réussir à traverser ça, sans laisser trop de plumes non plus. C'est pas évident. Mais c'est pas impossible. " (...)
" La cadence est lourde, fatiguante. Pour tout le monde c'est fatiguant, le bateau tape beaucoup, c'est fatiguant pour les nerfs, pour le physique. Vous pouvez pas rester debout nulle part, vous pouvez pas faire un geste sans être accroché à l'intérieur et sur le pont c'est presque pareil. C'est une vie que l'on pourrait qualifier de momentanément inconfortable. " (...)
" On a remis les polaires en partie, les cirés sûrement. Sur le pont c'est la douche, on peut pas piloter sans lunettes. Il n'y a pas de pilote automatique, c'est interdit. Dans ces mers là, pour aller vite il faut barrer, anticiper à chaque vague. " (...) " Là c'est pas de la belle glisse, c'est de la besogne. Mais ça fait partie du métier de marin, c'est amusant d'avoir à affronter tous les types de temps, tous les angles au vent et tous les types de mers. " OdK

17/02/05

Cheyenne persécuté ? Je vous ai fait part de la revendication de Cheyenne qui souhaitait changer de couleur sur les cartes officielles de l'Oryx. Le violet lui a été attribué à la place du vert, mais cela ne s'arrange pas car le cata du banquier Fossett est à nouveau dernier !!! J'ai trouvé la cause probable de cette nouvelle malédiction dans l'étude du traité des couleurs basé sur les travaux de Goethe qui indique que le violet serait signe de soumission et de sacrifice !!!
Pas de ça chez nous, je propose une solution radicale : l'indigo qui d'après le traité est signe de force et de royauté. Il a en effet les mêmes vertus que le bleu mais en plus élevé. Là Cheyenne sera définitivement armé pour battre Geronimo qui est en bleu ... :-))