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1994
2002
2005
2012
 



Yann Guichard
trimaran
Spindrift 2
Profil et fiche
technique
 


Francis Joyon
record 2017
Idec Sport
Équipage
Profil et fiche
technique
La tentative
au jour le jour
Cartographie
Passage
de la ligne
Interview
Brest

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2016/2017
Francis Joyon
Idec Sport
5j 18h
59m
12j 19h
28m
12j 21h
22m
17j 6h
59m
18j 18h
31m
20j 7h
4m
26j 15h
45m
35j 4h
9m
40j 23h
30m 30s

Le tour du monde en 38 jours, est-ce possible ? Oui, sur le papier...
meilleures performances réalisées dans chaque partiel
Parcours
Bateau
Année
Jours
Heures
Minutes
Ouessant - Équateur
Spindrift 2
2015
4
21
29
Équateur - Cap de Bonne Espérance
Banque Pop V
2011
6
6
53
Cap de Bonne Espérance - Cap des Aiguilles
Idec Sport
2016
0
1
54
Cap des Aiguilles - Cap Leeuwin
Idec Sport
2017
4
9
37
Cap Leeuwin - Tasmanie
Idec Sport
2017
1
11
32
Tasmanie - Cap Horn
Idec Sport
2017
7
21
14
Cap Horn - Équateur retour
Banque Pop V
2011
7
4
27
Équateur retour - Ouessant
Idec Sport
2017
5
19
21
 
Total
 
38
0
27


07/09/17
  Bon pour le service
 
Le maxi-trimaran Spindrift 2 a été remis à l'eau au chantier Multiplast de Vannes après avoir subi un check-up complet et quelques dernières optimisations. Il est désormais doté de nouvelles terminaisons sur ses foils qui permettent de soulager l’étrave. Associées à de nouveaux safrans en T situés à l’arrière, cette combinaison permet de réduire la trainée du bateau sur l’eau et ainsi d'augmenter sa vitesse à certaines allures. Le bateau sera également plus léger, pour gagner en vitesse, avec un équipage réduit tout en permettant une gestion efficace de Spindrift 2. Une nouvelle voile plus légère et performante a également été installée.
 

12/07/17
  Monsieur Joyon fait des siennes...
 
Après avoir pris la deuxième place de "The Bridge", course en équipage de St-Nazaire à New York, à bord du trimaran Idec Sport, Francis Joyon voulait "juste" convoyer son bateau, en solitaire, de New York à la Trinité. Il a d'ailleurs précisé à son épouse : « Je rentre tranquille en 8 jours... »

C'était sans compter sur l'opiniatreté de ce marin exceptionnel. Parti de New York le vendredi 7 juillet à 1h30 (heure française), il a rallié le cap Lizard le mercredi 12 juillet à 3h37, soit après 5 jours, 2 heures et 7 minutes de navigation*. Il améliore son propre record de 49 minutes.

Ce nouvel exploit a été réalisé sans préparation, sans stand-by météo, sans routage sophistiqué et pratiquement sans nourriture. « J’ai quitté New York dans la précipitation. Je n’ai même pas eu le temps de m’occuper de l’avitaillement. J’ai juste pu acheter quelques oeufs et des bananes. Quant à la nourriture du bord, les gars avaient tout mangé durant la traversée de The Bridge 2017. »

La conclusion de Virginie Joyon : « C'est plus fort que lui !... »

Quel panache ! Chapeau Monsieur Joyon !

* ndlr : Thomas Coville a réalisé un temps de 4j 11h 10m, sur la même distance, le 15 juillet 2017.

21/06/17
  Ce nouveau temps de référence va être difficile à aller chercher mais pas impossible
 
Interview de Yann Guichard. Cette année, Spindrift racing a trois gros objectifs qui sont le World Match Racing Tour en catamaran M32, le Bol d’Or Mirabaud à bord de Ladycat et le Trophée Jules Verne avec le maxi-trimaran Spindrift 2. De nouvelles modifications ont été effectuées cet hiver pendant le chantier même si on avait déjà été loin avant. Elles se sont concentrées sur l’optimisation de la plateforme et des appendices. Au vu du nouveau temps de référence qui a pratiquement été réduit de 10%, soit un peu plus de 40 jours autour du monde, le défi va être difficile à relever mais l'équipe Spindrift racing met toutes les chances de son côté pour y parvenir. L’heure est désormais aux tests de ces nouveaux appendices et aux entraînements jusqu’à septembre afin d’être prêt et en stand-by mi-octobre.

Quelle stratégie technique et sportive allez-vous mettre en œuvre ces prochains mois pour atteindre vos objectifs sur le Trophée Jules Verne ?

« La stratégie ne change pas complètement depuis l’hiver 2015 mais elle doit s’adapter au nouveau temps de référence qui est passé de 45 à moins de 41 jours. Par conséquent, il va falloir aller 10% plus vite !
L’idée d’installer des plans porteurs sur le maxi n’était initialement pas destinée au Trophée Jules Verne mais plutôt à des records courts comme celui des 24h. Nous avons fait le choix de les mettre en place pour le Jules Verne car cela va apporter un gain de performance à certaines allures. Cette installation nécessite un gros travail de prise en main et de réglages que nous testons actuellement pendant les entraînements.
Ensuite, nous allons certainement réduire notre effectif sur cette tentative et partir en dessous de 14.
Mais il faut faire attention à ne pas comparer les bateaux, Spindrift 2 fait 40 mètres et IDEC Sport en fait 32. Ces 8 mètres d’écart font toute la différence par rapport à la taille du bateau et son poids qui vont imposer le nombre d’équipiers nécessaires à bord pour manœuvrer et être performants. L’objectif du team est de mener Spindrift 2 à 100% de son potentiel. Il reste un gros bateau et il faut être plus de 10 équipiers à bord pour pouvoir le manœuvrer.
»
 
 
Quelle sera votre stratégie pendant la course ?

« La stratégie de course sera un des éléments essentiels à la réussite du record. On souhaite dans un premier temps se mettre en stand-by relativement tôt au mois d’octobre pour être prêts à saisir les bonnes fenêtres météo de l’hiver. Nous sommes conscients que pour y parvenir il faudra surement faire plusieurs départs. Grâce aux fichiers météo, on arrive à avoir une visibilité assez claire à 7/8 jours et à détecter la tendance à 10 jours. Alors au bout de 4/5 jours à l’équateur, on peut se rendre compte si la météo au cap de Bonne Espérance et à l’entrée de l’ocean Indien est peu propice à aller chercher le record. Dans ces conditions, on sera amenés à faire demi-tour et se préparer à un nouveau départ.
Les temps de référence de Francis Joyon à chaque cap représentent des repères pour notre course. Par exemple, il faudra être en avance au cap de Bonne Espérance par rapport au temps de l’équipage d’IDEC Sport puisqu’il a fait une traversée de l’océan Indien extraordinaire et imbattable.
A bord, le rythme sera également impacté. Il faudra pousser le bateau et les marins dans leurs retranchements pour ce long sprint. Il faudra trouver le bon équilibre entre la performance, la puissance de la machine, l’investissement des marins, la prise de risques tout en s’assurant de conserver le bateau en parfait état tout au long du parcours pour l’utiliser au maximum de son potentiel.
»

En tant que skipper, cela va-t-il changer la manière de gérer l'équipe à bord ?

« Cela ne changera pas complètement la façon de manager mais cela va modifier le rythme que je vais imposer à l’équipe. Il sera plus intense car nous serons moins nombreux à bord et certainement plus éprouvant physiquement et mentalement car les vitesses seront plus élevées.Une question importante qui aura des incidences sur la montre se posera dans le Sud, celle de se rapprocher des glaces pour raccourcir le parcours, si la météo le permet ou est propice. Ainsi, on pourrait gagner 1 ou 2 degrés de latitude, ce qui représente un gain considérable en distance autour de l’Antarctique. Toutefois, il faudra prendre en considération le risque de rencontrer des icebergs sur notre route.
Ce qui est sûr c’est que le curseur est plus haut mais on se tient prêts ! Ce nouveau temps de référence va être difficile à aller chercher mais pas impossible.
»

Source : spindrift-racing.com

12/06/17
  On a toujours un record à aller battre...
 
Extraits d'une interview de Yann Guichard, réalisée par Philippe Eliès

- Francis Joyon et sa bande ont fait très fort sur le Trophée Jules-Verne (40 jours et 23 h) . Aucun regret de ne pas y être allé l'hiver dernier, "l'hiver de tous les records" ?

« Il n'y a eu qu'une seule belle fenêtre météo pendant l'hiver. Francis Joyon est parti et a su revenir au bon moment pour saisir cette opportunité. Il a su l'exploiter. Maintenant, serait-on parti en même temps que lui ? Peut-être pas. Imaginez, on part avec la première fenêtre, on ne fait pas demi-tour et on met 44 jours. Et, 15 jours plus tard, Francis nous bat. La fenêtre prise par Thomas Coville, on ne faisait pas 40 jours ! Avec Dona, on a pris la décision de ne pas partir, pour des raisons personnelles et professionnelles. Ce n'était pas le bon timing. Je n'ai pas de regret, on a toujours un record à aller battre. Il était de 45 jours avant, il est de 40 jours maintenant mais le jeu reste le même. Le rythme qu'il va falloir donner sera différent, ça c'est clair. »

- Quand comptez-vous démarrer le stand-by pour le Trophée Jules-Verne ?

« La dernière fois, nous étions 14 à bord, avec Yann Riou qui était 90 % du temps mediaman. Vu que le temps à battre est plus court, il faut partir avec moins de poids. Si on embarque un mediaman, c'est 150 kg avec la nourriture en plus. Cette fois, on sera moins nombreux. Mais on ne sera pas six, ça n'aurait pas de sens. On a déjà un mât qui est trois mètres plus petit que dans sa première version avec "Banque Populaire". On ne peut pas réduire davantage le mât car le bateau est lourd, donc on serait handicapé en-dessous de 18 nœuds. On a aussi bossé sur les foils, on ne vole pas, loin de là mais on a aussi des plans porteurs à l'arrière. On aura aussi une voile en moins, voile qui compliquait beaucoup les manœuvres. Quant à Dona, elle n'a pas encore pris sa décision mais elle a déjà fait un tour du monde, je ne sais pas si elle en refera un deuxième. On sera en stand-by mi-octobre. Je veux être tôt en stand-by car il y a de grandes chances qu'on parte et qu'au bout de quatre-cinq jours, on soit obligé de faire demi-tour. Avec le temps de Francis Joyon, il faut qu'on ait de l'avance au cap de Bonne Espérance car on sait qu'on en perdra dans l'océan Indien. »

Source : letelegramme.fr

27/04/17
  Record de Francis Joyon, cérémonie au Musée de la Marine
 
Francis Joyon, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Bernard Stamm, Clément Surtel et Marcel Van Triest (routeur) ont reçu officiellement le Trophée Jules Verne à l'occasion d'une réception au Musée de la Marine à Paris. Le sixième homme, Sébastien Audigagne, n'a pu participer à la remise du Trophée, étant retenu en mer par un convoyage.

Cette cérémonie s'est déroulée en la présence de Sir Robin Knox-Jonhston, co-détenteur du record 1994 ; Vincent Campredon, Directeur du Musée de la Marine ; Patrice Lafargue, Président du Groupe Idec ; Titouan Lamazou, Président de l'association Tour du Monde en 80 jours ; le Professeur Gérard Saillant et Jean Todt, parrains du trimaran Idec Sport et Pierre-Yves Moreau, représentant Loïck Peyron, skipper de Banque Populaire V en 2012.

Francis Joyon : « Le passage du Cap Horn a été vraiment un bon souvenir, avec nos 4 jours d'avance sur le record. Cette victoire a été très forte car elle a été partagée avec mes équipiers. Le prochain objectif est la Transat The Bridge 2017. »
 
Au premier plan, de gauche à droite : Francis Joyon, Pierre-Yves Moreau et Sir Robin Knox-Jonhston
 
 

15/03/17
  Extrait d'une interview de Vincent Lauriot-Prévost, architecte naval
 
« Le choix de Francis Joyon de partir avec équipage réduit et un mât plus court a été le bon.

Rappelons qu’Idec Sport est l’ancien Groupama 3, qui a subi une cure d’allègement lui permettant de gagner près de 4 tonnes sur le poids initial, ramené à un peu moins de 16 tonnes. Avec un mât plus court, il a gardé le même ratio poids/surface de voile, tout en abaissant son centre de voilure, avec des voiles plus légères donc des manœuvres plus faciles en équipage réduit, donc moins de poids, etc. C’est un vrai cercle vertueux !

Le mât plus court leur a aussi permis de gagner en stabilité longitudinale et donc de pousser plus fort. Voilà comment ils sont restés plusieurs jours devant une dépression et ont traversé l’Indien à plus de 35 nœuds de moyenne. »

Source : actunautique.com

08/03/17
  Ratification de 3 records intermédiaires par le WSSRC
The WSSR Council announces the establishment of a 3 new World Records:

Yacht: IDEC. 120 ft Trimaran
Name: Francis Joyon. FRA and 5 crew

Record: South Indian Ocean RTW Intermediate Record.
Dates:.29th December 2016 to the 4th January 2017
Start time: 05;42;11 on 29/12/16
Finish time: 02;49;56 0n 04/01/17
Elapsed time: 5 days 21 hours 7 minutes and 45 seconds
Comments: Previous record: 12/12/15. IDEC. Francis Joyon. FRA.7 days

Record: South Pacific Ocean RTW Intermediate Record.
Dates: 4th January 2017 to the 12th January 2017
Start time: 02;49;56 on 04/01/17
Finish time: 00;03;27 on 12/01/17
Elapsed time: 7 days 21 hours 13 minutes and 31 seconds
Comments: Previous record: 25/02/05. Orange II. Bruno Peyron. FRA.8d 18h 8m

Record: Equator to Equator RTW Intermediate Record.
Dates:. 22nd December 2016 to the 20th January 2017
Start time: 03;17;31 on 22/12/16
Finish time: 12;28;26 on 20/01/17
Elapsed time: 29 days 9 hours 10 minutes and 55 seconds
Comments: Previous record: 30/12/11. Banque Populaire 5. Loick Peyron. FRA. 32d 11h 52m

John Reed
Secretary to the WSSR Council

05/03/17
  Interview exclusive de Francis Joyon
 
Francis Joyon a bien voulu répondre à quelques questions. Je l'en remercie vivement.

Une fois la pression médiatique retombée, comment revivez-vous cette journée du 26 janvier ?
« Je ne la revis pas ! »

Avez-vous conscience d’avoir marqué les anales de la voile pour longtemps ?
« J’espère que le record tiendra quelques années. »

Si je vous dis qu’il y a du Tabarly en vous. Cela vous énerve, vous fait plaisir ?
« J’ai beaucoup d’admiration pour Eric Tabarly. »

Lors des vacations, les choses semblent simples à bord. Vous êtes toujours zen, détendu, optimiste. Quel est votre secret ?
« La positive attitude. »

Avez-vous trouvé la recette magique pour un tour du monde : petit bateau, petit mât, équipage réduit ?
« Je pense que les prochaines tentatives réuniront ces paramètres plutôt que les anciens projets gros bateaux lourds et gros équipages de 12 ou 14 personnes. »

Pensez-vous que ce record puisse être encore amélioré, en l’état actuel de la technologie ?
« Oui je le crois avec l'arrivée des nouveaux bateaux qui volent. »

Croyez-vous que les foils puissent, un jour, rebattre les cartes d’un tour du monde en multicoque, malgré les mers du sud ?
« Oui, l’atlantique, à la descente puis à la remontée constituent la moitié du trajet et permettront d’utiliser intensément les foils. »

Vous avez déclaré que les milieux nautiques vous avaient considérés, avant le départ, comme une bande de rigolos. Est-ce encore le cas ?
« Nous doutions nous-mêmes de la possibilité de réussir notre projet, si nous avons gagné notre propre estime, c’est déjà un début. »

Quel est votre meilleur souvenir de ce tour du monde, en dehors de l’arrivée ?
« Dans l’océan Indien lors des journées à près de 900 milles /24 h. »

Quel est votre plus mauvais souvenir ?
« Le pot au noir à la descente. »

Où auriez-vous pu gagner encore plus de temps sur ce parcours ?
« Le départ et l’Atlantique nord puis le pot au noir n’ont pas été très rapides. »

À quoi pense-t-on, en plein milieu du Pacifique sud, très très loin de toute possibilité de secours ?
« On partait pour une aventure, et n’envisagions de demander secours à aucun moment. »

En 2008, vous avez déclaré à une journaliste un peu trop curieuse « On ne peut pas tout dire de ce qui se passe à bord. » Le raconterez vous un jour dans un livre ?
« Pas avant 10 ans, il y aura prescription. »

Quels sont vos projets nautiques ?
« The Bridge fin juin, course en équipage de Saint-Nazaire à NewYork. »

07/02/17
  Ratification du record par le WSSRC
The WSSR Council announces the establishment of a new World Record :

Record : Around the World. Outright
Yacht : IDEC. 120 ft Trimaran
Name : Francis Joyon. FRA and 5 crew
Dates : 16th December 2016 to the 26th January 2017
Start time : 08:19:00 UTC on 16/12/16
Finish time : 07:49:30 UTC on 26/01/17
Elapsed time : 40 days 23 hours 30 minutes and 30 seconds.
Distance : 21600 NM
Average speed : 21.96 kts

Comments : Previous record: Banque Populaire 5. Loick Peyron. FRA. Jan 12. 45d 13h 42m 53s

John Reed
Secretary to the WSSR Council

26/01/17
  Déclaration de Francis Joyon
Francis Joyon : « À bord, je voulais qu’une mayonnaise prenne. C’est primordial qu’il y ait une vraie cohésion d’équipage et du bonheur à naviguer ensemble. J’ai reçu de très nombreuses propositions, alors qu’il y avait quand même peu de places à bord. J’ai privilégié le facteur humain. Bernard (Stamm), c’est un peu la famille pour moi et c’était aussi, avant l’arrivée de Sébastien, le local de l’étape puisqu’il est Brestois. Clément (Surtel), c’est l’homme incontournable, dans la mesure où il est l’un des trois membres de notre toute petite équipe technique, avec Corentin, mon fils et moi-même.  Sa présence, c’était la garantie d’avoir du savoir-faire technique embarqué. Avec Gwénolé (Gahinet), qui fait partie de l’équipe depuis l’année dernière, le courant est tout de suite très bien passé et cela nous permettait de rajeunir aussi la moyenne d’âge du bord ! Idem avec Alex (Pella) avec lequel j’ai tout de suite eu une belle accroche. La présence de Sébastien s’est plus improvisée pour venir remplacer Boris (Herrmann) qui s’est retrouvé mobilisé sur un projet Imoca entre nos deux départs cette année. Sébastien connaît très bien les maxi-multicoques, c’était pour nous une valeur sûre.

Nous avons fonctionné avec une bonne cohésion à bord d’un bateau sans hiérarchie. Chacun était responsable de lui-même. Chacun a disputé ce Trophée Jules Verne pour lui-même et nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes.

Les 40 jours ne constituaient pas un objectif au départ, ce n’était pas imaginable. Battre le record d’une minute représentait déjà un exploit formidable. On passait un peu pour des rigolos et des hurluberlus de nous attaquer à ce challenge tellement difficile pour un si petit équipage à bord de ce bateau, face à la douzaine d’équipiers qui détenait jusque là le record à bord d’un bateau de 40 mètres.

Il nous a fallu presque deux tours et demi pour parvenir à battre le record. Et dans l’histoire du Trophée Jules Verne, on voit que pratiquement tous les bateaux ont dû s’essayer sur deux tentatives avant de l’emporter. Seul Bruno Peyron y est parvenu la première fois lors du tout premier Trophée Jules Verne, en 1993.

Sur notre deuxième tentative cette année, nous avons de nouveau rencontré un Pot au Noir très difficile. C’était moralement très dur. Mais Gwénolé, qui est un éternel optimiste, croyait que la situation météo ne pouvait que s’améliorer. Au cap Bonne Espérance, nous étions mieux placés que les prévisions et toutes les portes se sont ensuite ouvertes devant nous. On a su qu’on pouvait battre le record dès lors que nous pouvions maintenir les 35 nœuds de vitesse à laquelle se déplaçait le front à l’avant duquel nous nous étions positionnés pour traverser l’océan Indien et une partie du Pacifique. On savait que le record se jouait là. Notre motivation était très forte pour connaître plusieurs journées à près de 900 milles. Nous étions toujours à fond. Et si parfois, nous avons fait en sorte de ne pas dépasser les 40 nœuds, à l’avant du front, nous n’avions pas de limites.

Au-delà du côté sportif, sur un record autour du monde, on ne peut pas s’empêcher de regarder la planète en essayant de comprendre comment passer d’un système à l’autre.

Elle n’est pas si grande que ça et surtout, on se rend compte à quel point nous sommes liés à notre environnement. Cela nous encourage à ne pas nous comporter comme des consommateurs d’espaces naturels.
 »

26/01/17
  Arrivée à Brest
 
     
 
photos © Jean-Marie Liot pour idecsport-sailing.com

26/01/17
  Arrivée à Brest
 
photos © Yannick Le Bris pour www.photos-de-navires.fr

26/01/17
  Ouessant : prix d'excellence !
 
Francis Joyon et ses cinq équipiers ont franchi la ligne de départ Ouessant-cap Lizard le vendredi 16 décembre 2016 à 8 heures, 19 minutes TU (9h 19m heure locale) à bord du trimaran Idec Sport.

Pour améliorer le record établi en 2012 par Loïck Peyron, à bord du trimaran Banque Populaire V, en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes, les six hommes devaient avoir bouclé leur périple autour du monde avant le lundi 30 janvier 2017 à 22 heures, 0 minute et 53 secondes TU (23h 00' 53 " heure locale).

En coupant la ligne d’arrivée le jeudi 26 janvier 2017 à 7 heures, 49 minutes et 30 secondes TU, ils se sont emparés du Trophée Jules Verne après 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes de navigation depuis Ouessant. Ils améliorent le précédent record de 4 jours, 14 heures, 12 minutes et 23 secondes. Il s’agissait de leur troisième tentative.

Distance parcourue sur le fond : 26 412 milles nautiques - moyenne : 26.86 noeuds
Distance orthodromique WSSRC : 21 600 milles nautiques - moyenne : 21.96 noeuds

Le trimaran Idec Sport (ex Groupama 3, détenteur du titre en 2010) est le seul bateau cité deux fois au palmarès du Trophée Jules Verne.

Francis Joyon : « Nous sommes ravis d’avoir passé cette ligne. C’est l’aboutissement de toutes ces années de travail avec les préparateurs du bateau. C’est un gros gros aboutissement pour nous, après le tour de l’année dernière qui n’a pas abouti, puis notre seconde tentative et ce tour là. On est super content.

Cette nuit on a eu une mer très dure, le bateau tapait énormément. On ne s’est pas reposé, la nuit a été très tonique. On avait la petite toile avec 2 ris et J3 et on butait dans les vagues assez fortement toute la nuit. On est un petit peu sonné ce matin mais le plaisir d’arriver compense cette fatigue. On a fait une crise d’enthousiasme terrible.
»

Bilan de la dernière journée - distance en 24h : 742 mn - moyenne : 30.92 nds - reste : 0 mn - avance : 2 547 mn

25/01/17
  « Hyper bouillants d'impatience » dans la dernière ligne droite »
 
Francis Joyon : « La nuit a été assez agitée car le bateau était dans du vent assez fort, on a été pas mal secoué. Ça nous a rappelé nos cavalcades à 36-37 nœuds, devant le front dans l’océan Indien. On a été un peu moins rapide, mais la mer était plus formée, ça butait un petit peu. Le bateau était assez secoué et les garçons ont eu du mal à dormir

On est content parce qu’on a réussi à rester sur l’avant du vent le plus fort, du coup la mer était plus maniable. On a eu au maximum 35 nœuds de vent et 3-4 mètres de mer. Rien de déraisonnable, mais on était assez près du vent.

On a ouvert le site marinetraffic.com et on constate qu’il y a des centaines de cargos et de bateaux de pêche. C’est une des zones les plus fréquentées du globe. Il faudra qu’on soit particulièrement vigilant à ce moment là. Par vent fort, ce n’est pas très simple de changer la trajectoire. On sera peut-être obligé de réduire un peu la toile.

On ne va pas faire une route directe sur Ouessant. On va faire une petite ballade à l’intérieur du golfe de Gascogne pour éviter le maximum de mer et aller plus vite. Nous passerons à environ 70 milles nautiques du cap Finisterre.

Nous sommes hyper bouillants d’impatience de cette approche. Nous espérons arriver pas trop tard, si possible au lever du jour, si tout se passe bien.

Ce qui restera le plus fort est cette cavalcade dans le grand Sud où on a fait des journées de pas loin de 900 milles nautiques, toujours à fond, sans rien voir. C’était assez hallucinant.
»
 

25/01/17
  Interview Loïck Peyron par letelegramme.fr

24/01/17
  « Le Jules Verne est ce que l'on pouvait faire de plus fort autour du monde »
 
Francis Joyon : « On est dans du vent de Sud - Sud-ouest qui est en train de forcir un petit peu. On s’est bien positionné par rapport à cette dépression, comme on l’espérait. Ça se passe bien. On est à peu près 200 milles nautiques au Sud des Açores et on espère une arrivée sur la Bretagne dans maintenant moins de 2 jours.

Là on a bon enchainement météo pour arriver rapidement sur la Bretagne. Il faut réussir à aller vite tout le temps pour rester en avant du front. Si on ralentit, pour n’importe quelle raison, ou si on est mal positionné, on se fait rattraper par le front et on perd une demi-journée. Il faut rester concentré jusqu’au bout pour continuer à faire une belle trajectoire comme ça.

Il faut qu’on arrive à se recaler au bon endroit. On hésite à faire un petit contre-bord pour bien se recaler par rapport à la dépression. Après, il y aura aussi l’approche du cap Finisterre, avec le trafic maritime et surtout le risque de dévent lié au passage d’un cap avec des reliefs très élevés. Une fois dans le golfe de Gascogne, le vent refusera, on se retrouvera vent de travers. Ce sont des petites choses qu’il va falloir gérer.

Le bateau a pas mal progressé
(depuis 2015) du fait qu’on a des voiles de surfaces plus importantes et on le connait mieux. On sait mieux le régler, mieux utiliser ses réglages de foils. On a pas mal de réglages assez fins entre les foils, la profondeur de dérive, l’incidence que l’on peut mettre aux foils. Ils permettent de gagner parfois plusieurs nœuds. C’est un bateau extraordinaire grâce à ces capacités.

On a bien maintenu le bateau en état, on est à 100% du potentiel. Toutes les voiles sont opérationnelles. Là on est grand-voile haute gennaker et on a prévu un éventail de plus petites voiles pour la traversée du golfe de Gascogne où on va se retrouver travers à la mer et au vent.

Tant qu’on n’a pas franchi la ligne, je reste assez prudent, des petits dangers peuvent survenir, les risques existent jusqu’au bout.

Le Trophée Jules Verne est ce que l’on pouvait faire de plus fort en équipage, autour du monde. »

Bilan jour 40 - distance en 24h : 725 mn - moyenne : 30.21 nds - reste : 727.70 mn - avance : 1869.10 mn

23/01/17
  « C'est un grand moment d'arriver après un truc pareil »
 
Francis Joyon : « On a eu une nuit avec pas mal de grains, les gars se sont démenés pendant leur quart pour bien garder de la vitesse, en lofant et en abattant tout le temps. On a réussi à rester assez proche du routage. On avait des changements de caps importants et des changements de vitesses. On passait de 35 nœuds à 18-20 nœuds selon qu’on était sur l’avant du grain où le vent était plus fort ou sur l’arrière où le vent est en général un peu plus ralenti. Cette nuit on était avec le J2 et grand-voile haute.

Ce matin il y a moins de grains et de ce fait on peut commencer à accélérer un peu plus. On est plutôt content de la marche du bateau. Le vent adonne petit à petit, il tourne sur le travers et on peut, au fur et à mesure, progresser plus vers la route directe, c’est satisfaisant. À 30 nœuds, le bateau ne fait pas trop le fou et il est vraiment bien en équilibre sur son foil. C’est vraiment la vitesse que le bateau apprécie beaucoup, et nous aussi.

On va rebondir sur le centre de l’anticyclone, plutôt à droite des Açores. La route va passer par le Sud des Açores, après on visera le Nord du cap Finisterre et on finira dans le golfe de Gascogne avec des vents assez forts. Nous aurons au moins deux empannages pour attraper ce vent de Sud-ouest et bien nous positionner pour la suite du trajet. A part le petit crochet que nous ferons entre les deux empannages, nous serons sur la route rapide et directe.

C’est toujours un peu stressant d’arriver des mers où on avait très peu de circulation maritime, pour rentrer dans l’atlantique Nord en hiver avec beaucoup de trafic, les nuits sont très longues, le climat va changer énormément, on va rentrer dans un système dépressionnaire.

Les routages laissent entrevoir une arrivée jeudi matin. C’est un grand moment d’arriver après un truc pareil.
»

Bilan jour 39 - distance en 24h : 660.40 mn - moyenne : 27.52 nds - reste : 1 437.90 mn - avance : 1 459.70 mn
 

22/01/17
  « Impatients d’arriver, de retrouver nos familles, de renter »
 
Francis Joyon et ses équipiers en ont terminé avec les redoutables ralentissements du Pot au Noir. À 10h45 TU, ils naviguaient par 13° 53' N, à l'approche de la latitude des îles du Cap Vert, à la vitesse instantannée de 28.7 nœuds dans un vent d'Est de 15 nœuds, cap au 359.

La dernière étape comprendra une épreuve de moyenne montagne avec du près jusqu’à la hauteur des îles Canaries. Le final sera un véritable contre la montre digne des mers du Sud, en ligne directe, avec des moyennes supérieures à 30 nœuds jusqu'à Ouessant.

Francis Joyon : « On a accroché les alizés hier. Ils étaient assez forts. On a bien avancé toute la journée et au début de la nuit. À la fin de la nuit on a dû ralentir parce qu’on butait dans une mer contraire assez forte. On a réduit la vitesse d’une dizaine de nœuds pour ne pas casser le bateau. On était à plus de 30 de nœuds, on est passé à 20 nœuds. Il faut savoir ralentir sinon, si on a la moindre avarie, c’est des heures de réparations pendant lesquelles le bateau est arrêté. Là on a pu renvoyer à nouveau, ça repart à nouveau en vitesse.

On va essayer de rejoindre au plus vite le système dépressionnaire en se mettant à l’endroit où il y a suffisamment de vent et pas trop de houle. C’est un compromis à trouver au niveau du placement du bateau dans la dépression. Les vents sont à 70° par rapport à l’axe du bateau. Petit à petit, ça va adonner, ils vont passer à 80° puis 90°. On va être vent de travers et le passage dans la mer se fera de mieux en mieux. Au bout d’un moment on se retrouvera pratiquement portant, on aura deux empannages à faire et après ce sera le galop dans le portant que le bateau connait bien, route directe pour Ouessant.

L’état d’esprit est vraiment très positif, on est très heureux d’approcher de ce grand record, tout en restant très vigilant par rapport au matériel, en cherchant la meilleure vitesse, dans la meilleure configuration, pour ne pas abimer le bateau.

Nous sommes très impatients d’arriver, de retrouver nos familles, de renter car ça fait quand même un petit peu de temps que nous sommes en mer.
»

L'ETA à Ouessant est maintenue pour jeudi 26 janvier, dans la matinée.

Bilan jour 38 - distance en 24h : 648.10 mn - moyenne : 27 nds - reste : 2 096.80 mn - avance : 1 236.10 mn